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Economie

Et si un logement durable était avant tout un logement confortable?


La notion de confort et d’agrément d’usage du logement prend désormais une telle importance que les pouvoirs publics s’y intéressent de près. Le ministère du Logement compte ainsi lier l’avantage fiscal du dispositif qui va succéder au Pinel à des critères objectifs de confort. Et ce n’est pas un hasard si la ministre, Emmanuelle Wargon, était présente ce mardi à la présentation du 5e baromètre Qualitel-Ipsos. «Il y a une attente forte, aussi bien collective que personnelle, de mieux-être chez soi», a-t-elle notamment expliqué.

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Alors que la réglementation Environnementale 2020 doit entrer en vigueur au 1er janvier prochain, le baromètre s’est penché plus particulièrement sur l’habitat durable et respectueux de l’environnement. Si 75% des Français ont à cœur d’avoir un logement plus respectueux de l’environnement, ils ne sont que 30% à estimer vivre dans un tel logement. Et pour habiter plus durable, une large majorité d’entre eux (59%) – et même deux tiers des 35-60 ans – seraient prêts à réaliser des travaux de rénovation. Dans une moindre mesure, une part importante de la population serait prête à changer de logement (51%). Les jeunes générations sont les plus motivées puisque la moitié des 18-34 ans serait même prête à payer un peu plus cher pour un logement plus durable (contre 31% des plus de 60 ans).

Un sentiment de fierté

Il faut croire que le jeu en vaut la chandelle: côté confort de vie, les logements durables obtiennent une note Qualiscore (sur la base de 17 critères) bien supérieure aux non: durable: 7,9/10 contre 5,6/10. Ils sont perçus comme étant plus avantageux sur le plan économique (82% des occupants de logements durables sont satisfaits de leur coût hors loyer ou emprunt contre 54% dans le non durable) et apportent un sentiment de fierté. L’étude montre très clairement une satisfaction bien supérieure en matière de confort thermique, d’isolation acoustique ou d’humidité pour les logements certifiés Qualitel. Et du côté de la rénovation, on retrouve ce même impact sur un logement plus durable et plus confortable pour les ménages qui ont réalisé des travaux globaux avec l’Anah (Agence nationale de l’habitat) par rapport à la moyenne des Français.

Logement durable et agréable ne sont donc visiblement pas des frères ennemis. «Le plaisir d’habiter devrait être le premier critère de durabilité, précise l’architecte Anne Lacaton (lauréate du prix Pritzker avec Jean-Philippe Vassal). Si le logement est agréable cela débouche sur la participation et la responsabilité des habitants.» Les deux architectes s’opposent au passage à l’idée assez répandue que dans la rénovation le passage obligé est une grosse isolation. «Il faut faire aussi avec les qualités de l’existant, rappelle Jean-Philippe Vassal. Un isolant de 20 cm n’apporte pas de plaisir en soi, contrairement à deux ou trois mètres de jardin d’hiver où l’on pourra profiter du soleil.»

Pédagogie

Et si cette étude rassure par cette possibilité de concilier écologie et qualité de vie, elle pointe néanmoins bon nombre de paradoxes voire des constats inquiétants. Malgré les ambitions environnementales affichées, quand il s’agit d’acheter ou de louer un logement, son aspect durable n’a été un critère de choix que pour 4% des sondés toutes générations confondues, loin derrière le classique triptyque localisation (64%), prix (54%), surface (42%). Et pour qu’un logement soit considéré comme durable, les Français s’en tiennent aux éléments les plus visibles mais pas forcément les plus utiles. L’équipement cité en tête et de loin est le bac de tri sélectif (41%) loin devant l’équipement de régulation automatique de la température (25%) ou la pompe à chaleur (14%). De façon tout aussi surprenante, la proximité des infrastructures (transports, travail, commerces, école) est jugée comme le facteur le moins important pour qu’un logement soit considéré comme durable, le classement de tête étant monopolisé par des sujets liés à la consommation énergétique. Visiblement, les années de pédagogie sur les économies d’énergie et le tri des déchets ont fini par porter leurs fruits pour une approche plus globale du développement durable, il faudra encore se montrer patient.



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