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Finance

Fed : le premier mandat de Jerome Powell terni par les affaires de conflits d’intérêts



Publié le 22 nov. 2021 à 17:10

Il s’en est fallu de peu. Début septembre, le renouvellement de Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale, après un premier mandat de quatre ans, semblait quasiment acquis. Le républicain modéré, nommé par Donald Trump, avait réussi à obtenir la confiance du nouveau président Joe Biden. Et même le soutien de sa prédécesseure à la banque centrale , Janet Yellen, devenue secrétaire au Trésor.

Mais l’affaire des investissements boursiers de certains membres de la Fed a bien failli coûter son poste à Jerome Powell. Robert Kaplan (Fed de Dallas) et Eric Rosengren (Fed de Boston) se sont montrés très actifs , sur les marchés actions pour l’un, et sur les valeurs immobilières pour l’autre, deux catégories d’actifs qui ont particulièrement bénéficié des politiques exceptionnelles de soutien menées par la banque centrale.

Crise éthique

Depuis, les deux hommes ont démissionné de leurs fonctions, et la Réserve fédérale a adopté un corps de règle bien plus strict concernant les investissements financiers de ses gouverneurs. Mais le mal était fait. Le scandale est venu apporter de l’eau au moulin des détracteurs du président de la Fed.

A commencer par l’influente cheffe de l’aile gauche du parti démocrate, la sénatrice Elizabeth Warren, qui faisait déjà campagne contre un nouveau mandat de Powell . Cette dernière dénonce l’assouplissement du contrôle de la Fed sur le secteur financier durant la présidence Trump .

Sauvetage économique

Finalement, l’action décisive de Jerome Powell lors de la crise du Covid a fait pencher la balance en sa faveur. Sous son impulsion, la banque centrale a multiplié les initiatives inédites pour mettre l’économie américaine sous perfusion. Elle a non seulement passé ses taux d’intérêt à 0 % – ce qu’elle avait déjà fait lors de la crise de 2008 – mais elle a aussi engagé comme jamais son bilan, qui a dépassé les 8.000 milliards de dollars.

La Fed a inondé le marché de liquidités, rachetant pour la première fois, en plus des titres d’Etat, des obligations émises par les entreprises et même des prêts bancaires accordés à des PME. Un soutien qui a fait baisser fortement le coût du crédit et provoqué une envolée des marchés.

C’est également sous la présidence de Jerome Powell que la Réserve fédérale a mené une importante revue stratégique. Celle-ci a débouché sur une nouvelle cible qui rend plus important l’objectif de retour au plein emploi, quitte à laisser filer l’inflation un peu plus longtemps qu’auparavant. Un début de réponse aux critiques sur le manque de fibre sociale de la banque centrale.

Présidence sous surveillance

Joe Biden a donc fait le choix de la continuité, estimant sans doute qu’il aurait été périlleux de changer de capitaine alors que l’économie américaine est confrontée à une très forte hausse des prix et que la reprise économique reste fragile. Pour autant, Powell sera sous surveillance. La nomination de Lael Brainard – sa principale concurrente dans la course à la présidence de la Fed -, comme vice-présidente, probablement en charge de la supervision financière , en est un signe. Il sera également scruté sur les questions environnementales , un thème sur lequel la Réserve fédérale est bien moins avancée, par exemple, que la Banque centrale européenne.



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