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Finance

Fermeture de comptes : des banques sommées de s’expliquer



Publié le 13 janv. 2022 à 13:48Mis à jour le 13 janv. 2022 à 14:05

Ce n’est pas encore le grand ménage de printemps. Mais plusieurs banques ont décidé de faire le nettoyage dans leur portefeuille de clients. C’est le cas notamment d’ING et de N26 qui, pour des raisons distinctes, ont multiplié les fermetures de comptes en France récemment, suscitant un certain émoi auprès de leurs clients.

Le phénomène a également alerté l’ACPR. Le gendarme bancaire a en effet demandé des explications cette semaine à N26. De nombreux clients de la néobanque allemande se sont plaints ces derniers jours, dans les médias et sur les réseaux sociaux, de clôtures de comptes « arbitraires ». Elles se chiffreraient par centaines, avec dans certains cas des difficultés pour récupérer les fonds, selon des témoignages recueillis par RMC. Un collectif de « clients arnaqués par N26 » envisagerait même d’intenter une action en justice.

Lutte contre la fraude

N26, qui compte plus de 2 millions de clients en France, assure avoir agi « dans le cadre de la nécessaire lutte contre la fraude et le blanchiment d’argent ». « Nous sommes une banque, et comme toutes les banques, pour protéger nos clients, nous effectuons des contrôles sur leurs comptes et leurs transactions, explique aux « Echos » Jérémie Rosselli, directeur général de N26 France et Benelux. Et nous fermons des comptes lorsqu’il y a des soupçons de fraudes et/ou de blanchiment. »

La direction de N26 France, qui dit avoir opéré dans les règles, nie tout phénomène exceptionnel. Tout juste reconnaît-elle que « le volume de fermetures est proportionnellement plus important d’année en année car la banque grandit et compte toujours plus de clients ». Elle garantit par ailleurs que dans 97 % des cas, les fonds ont été reversés sans délai aux clients dont les comptes ont été fermés.

La néobanque, qui a amassé plus de 7 millions de clients en moins de dix ans, avait été sanctionnée l’an dernier par la BaFin, l’homologue allemand de l’ACPR, pour des manquements en matière de gestion des risques. Outre une amende de 4,2 millions d’euros, N26 s’était vue imposer une limite de conquête de 50.000 nouveaux clients par mois afin de mieux concentrer ses ressources sur la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. La situation en France n’a aucun lien avec les décisions allemandes, prévient la filiale hexagonale.

Un procédé légal

Les fermetures de comptes ne sont pas exceptionnelles dans le monde bancaire. « Ça fait partie du métier », remarque un banquier. Les banques figurent même parmi les rares commerces de détail à pouvoir légalement pratiquer le refus de vente, donc à pouvoir choisir leurs clients selon des critères qui leur sont propres.

Cela peut être un choix de politique commerciale, avec une segmentation de la clientèle en fonction de sa capacité à générer des revenus pour la banque. Mais c’est plus souvent pour des raisons de conformité à la réglementation et de lutte contre la fraude et le blanchiment, comme dans le cas semble-t-il de N26.

Engagé dans un processus de cession de sa banque de détail, ING France a confirmé la semaine dernière que des milliers de livrets d’épargne avaient été clos depuis l’été . Dans la plupart des cas, il s’agit de comptes peu fournis – quelques dizaines d’euros – ou inactifs, détenus par des clients n’ayant aucun autre compte dans l’établissement, à qui les fonds ont été intégralement remboursés.

La colère des clients

La filiale de la banque néerlandaise assure que ces fermetures ne sont pas liées à la « revue stratégique » en cours, qui a été conclue par la décision de céder la banque directe en France. Mais elles sont une conséquence « des taux négatifs appliqués par la Banque centrale européenne (BCE) », qui coûtent à la banque.

La méthode, légale, est dénoncée par France Conso Banque, qui a décidé de monter un collectif de défense des clients. « D’une façon incroyablement cynique, ING a décidé de déclarer la guerre à ses clients, les plus faibles, les plus vulnérables, les moins rentables », déplore l’association de défense des consommateurs, qui affirme que les comptes bloqués ne sont « pas tous inactifs ». Elle s’est fendue d’un courrier à la maison-mère pour demander « un dédommagement commercial pour le préjudice subi ».



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