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Finance

Fidelity International veut démocratiser l’accès aux fonds non cotés en Europe



Géant de la gestion d’actifs traditionnelle, Fidelity International cède à son tour aux sirènes du non coté. Encore faiblement présent dans les actifs alternatifs, hormis l’immobilier et depuis peu la dette privée, le gestionnaire d’actifs aux racines américaines (distinct de Fidelity qui couvre les Etats-Unis) espère avoir trouvé la parade pour se placer au centre du jeu. Fidelity International annonce ce jeudi une prise de participation minoritaire et un partenariat de distribution exclusif en Europe avec la fintech allemande Moonfare.

Cette start-up propose sur son site Internet des parts de fonds non cotés aux investisseurs particuliers européens et asiatiques. Le but de leur alliance : rendre accessible au plus grand nombre les fonds d’Apollo, Carlyle et autres grands noms de l’investissement alternatif. Leurs produits de capital-investissement , de dette privée ou d’infrastructures sont traditionnellement réservés aux investisseurs institutionnels et aux individus les plus fortunés, avec des tickets d’entrée de plusieurs millions ou dizaines de millions d’euros.

Bureau en France

En parallèle de l’offre directe sur le site de Moonfare, qui perdurera, « nous voulons nouer une demi-douzaine de partenariats [de distribution] importants cette année et une dizaine l’année prochaine. Nous visons aussi les family offices, les distributeurs et les petits institutionnels et fonds de pension », explique Christian Staub , responsable Europe de Fidelity International, qui gère la moitié de ses 700 milliards de dollars d’encours pour des clients européens. Le besoin serait pressant, tant du côté des épargnants que des intermédiaires financiers. « Face aux taux bas, nous constatons un intérêt croissant des particuliers pour les actifs non cotés (aux rendements potentiellement plus attractifs, NDLR) mais l’accès à ces produits reste difficile, pointe le représentant de Fidelity International. Au-delà d’une poignée de grandes banques, la plupart des acteurs chercheront à s’associer avec un gérant d’actifs capables de réaliser la sélection et l’administration de fonds d’actifs non cotés. »

Pour le moment, le marché est encore balbutiant. « Les actifs non cotés représentent 25 % de l’allocation des investisseurs institutionnels à l’échelle mondiale, contre seulement 5 % chez les particuliers, selon Towers Watson », indique Steffen Pauls, fondateur de Moonfare et ancien responsable du marché allemand chez KKR , l’un des leaders mondiaux du LBO (leveraged buyout).

Moonfare et Fidelity International visent principalement l’Allemagne, la Suisse, l’Italie, le Royaume-Uni et la France, pays où la start-up prévoit d’ouvrir un bureau cette année et où Fidelity International vient de nouer un partenariat dans l’épargne salarialeavec Société Générale Assurances. Moonfare veut aussi s’installer à Singapour, en plus de ses antennes actuelles au Luxembourg et à Hong Kong. La start-up compte doubler ses effectifs cette année, à environ 200 personnes. Avant l’arrivée de Fidelity International, qui prend une participation très minoritaire à ce stade, elle avait levé 40 millions d’euros depuis sa création en 2016.

L’exemple iCapital

La fintech berlinoise veut suivre la trace d’iCapital. Cette place de marché américaine soutenue notamment par Goldman Sachs, BlackRock et Blackstone revendique plus de 70 milliards de dollars d’actifs intermédiés. Chez Moonfare, « quelque 1.200 clients ont alloué plus 600 millions d’euros dans une trentaine de fonds sur notre plateforme depuis 2018. Nous devrions avoir plus d’un milliard d’euros d’encours en fin d’année, avec 15 à 20 fonds supplémentaires », assure le patron de la start-up allemande.

Contre un ticket d’entrée de 50.000 ou 100.000 euros, selon les réglementations locales, ses clients n’investissent pas directement dans les fonds de CVC, de Cinven ou du français Apax , mais dans les parts d’une société en commandite spéciale basée au Luxembourg, qui elle-même investit dans un véhicule de droit luxembourgeois géré par Pancura, un intermédiaire local spécialisé dans la gestion de fonds alternatif.

Si ce type d’offre est réservé aux épargnants avertis, « nous offrons une voie vers la liquidité aux investisseurs qui ne souhaitent pas rester investis sur une période de blocage de dix ans, en leur donnant accès au marché secondaire de Moonfare. Nos investisseurs peuvent y échanger leurs participations dans des fonds de private equity entre eux ou auprès de Lexington Partners, un gestionnaire mondial de fonds secondaires, qui agit en tant que contrepartie institutionnelle », précise Steffen Pauls.

Schroders mise sur l’assurance vie mixant coté et non coté

Pour vendre des fonds non cotés à un vaste public, un placement s’impose aux gérants d’actifs : l’assurance vie, principale enveloppe de l’épargne française. « Nous discutons avec des assureurs pour proposer des produits investis en actifs privés qui donnent une certaine liquidité, soit en les mêlant avec des actifs liquides pour créer des unités de compte (UC) mixtes, soit en les adossant à l’actif général des contrats d’assurance vie, mais cela a alors un impact sur la solvabilité de l’assureur, dévoile Yes Desjardins, directeur général de Schroders France. Nous travaillons déjà avec l’un d’eux sur une UC mixte dédiée à la santé. » BNP Paribas Asset Management s’est déjà lancé le mois dernier sur ce créneau avec Harmony Prime, un fonds hybride associant actifs illiquides et liquides : 25 % de dette privée et actifs réels, 7,5 % de capital-investissement et une majorité d’actions et obligations. La branche parisienne du britannique Schroders a d’autres pistes pour les particuliers : la dette infrastructure « mais uniquement sur la partie high yield (moins bien notée, NDLR) qui pourrait offrir un rendement net de 3 à 3,5 % après rémunération des distributeurs, contre moins de 2 % pour la dette senior », ainsi qu’un « fonds hôtelier de classification immobilière pour les fonds de fonds et les banques privées », annonce Yves Desjardins.



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