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Finance

Frénésie de fusions et acquisitions en Australie



Publié le 1 sept. 2021 à 13:25

L’Australie n’échappe pas au boom actuel des fusions et acquisitions à travers le monde. Au contraire, puisqu’après un deuxième trimestre au cours duquel plus de 400 accords ont été signés pour un montant dépassant les 54 milliards d’euros, le trimestre actuel pourrait atteindre d’encore plus hauts sommets. Et cela ne semble pas inquiéter le gouvernement australien, même lorsque des fonds étrangers prennent possession d’infrastructures stratégiques.

C’est notamment le cas du fonds Spark, qui contrôle des infrastructures électriques dont dépendent plusieurs millions d’Australiens. Son achat pour 3,2 milliards d’euros a été annoncé fin août par un consortium emmené par le fonds d’investissement américain KKR et le fonds de pension des instituteurs de l’Ontario. En vertu d’une loi adoptée en 2019, le gouvernement peut s’y opposer, s’il estime qu’une telle vente est contraire aux intérêts nationaux. Mais les experts estiment que cette opération ne devrait pas être remise en cause.

Le choc Afterpay

Mais la fusion qui fait le plus parler, c’est celle d’Afterpay , avalée par le groupe de paiement américain Square, fondé par Jack Dorsey, le fondateur de Twitter. Séduit par le système de paiement en plusieurs fois sans frais (paiement fractionné) développé par cette start-up australienne créée il y a sept ans, il se l’est offert en échange de 20 % des actions de son groupe, soit plus de 24 milliards d’euros…

La nouvelle a provoqué une véritable onde de choc à la Bourse de Sydney, d’autant que le même jour, les groupes Santos et Oil Search annonçaient également leur fusion, pour un montant avoisinant les 13 milliards d’euros, formant ainsi l’un des 20 plus grands groupes mondiaux du secteur pétrolier et gazier.

« Les entreprises ne peuvent pas trop compter sur la croissance interne actuellement. Alors pour grandir, les fusions-acquisitions jouent le rôle d’un pipeline, explique Romano Sala-Tenna, gestionnaire de portefeuille chez Katana Asset Management. Nous sommes également à la fin d’un cycle boursier et puis il y a un niveau record de liquidités. Mais cet argent, à cause de la pandémie, a peu circulé. Il commence enfin à être utilisé, c’est pour cela que je pense que cette vague est loin d’être terminée ».

«La vague est loin d’être terminée»

De fait, le géant minier BHP, pour s’assurer que ses investisseurs internationaux, de plus en plus soucieux de l’impact environnemental de leurs placements, ne le lâchent pas, a cédé il y a quelques jours ses activités pétrolières au groupe Woodside, jusqu’à présent surtout actif dans le secteur du gaz naturel liquide. « Vis-à-vis de ses actionnaires, BHP réalise une très bonne opération. Pour ce qui est de ses affaires, c’est une décision assez téméraire, puisqu’ils font le choix de se séparer d’une activité très rentable », estime Romano Tala-Senna. Montant de l’opération : 26 milliards d’euros.

Autre pièce convoitée, l’aéroport de Sydney, qui vient de refuser l’offre d’un fonds d’investissement de près de 14 milliards d’euros, jugée trop faible. D’autres offres, plus généreuses, pourraient être formulées. Le gouvernement australien se montrera alors sans doute vigilant.



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