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Economie

«Il y a une vraie dynamique autour du dialogue social»


INTERVIEW – Alors que les partenaires sociaux entament jeudi une négociation sur la formation professionnelle, le président délégué du Medef estime que le dialogue social sort grandi de la crise.

Patrick Martin est président délégué du Medef depuis juillet 2018. Il est aussi président et actionnaire principal du groupe Martin Belaysoud Expansion, dont le siège social se situe à Bourg-en-Bresse (Ain).

LE FIGARO. – Vous entamez la dernière ligne droite vers un éventuel accord autour de la formation professionnelle, pourquoi se pencher sur ce chantier ?

Patrick MARTIN. – Il faut se rappeler que la loi avenir professionnel de 2018 s’est faite sans les partenaires sociaux. Notre idée, ce n’est pas de prendre notre revanche, ni de faire voler en éclats ce qui a été fait puisqu’à bien des égards la réforme a été très positive. Les travaux conduits ont permis d’établir de manière très constructive un constat sur les failles et les insuffisances de cette loi pour y apporter des réponses concrètes. Et le ministère du Travail l’a bien compris car Elisabeth Borne a très bien accueilli les 49 propositions d’adaptations que nous lui avons transmises en juillet. L’idée est donc de jouer ensemble, dans l’unité, car la question des compétences est centrale aujourd’hui pour le marché de l’emploi.

Quels sont les grands enjeux de ces négociations ?

Des sujets prioritaires ont été identifiés. Ainsi par exemple le sujet de la professionnalisation du compte personnel de formation (CPF) sur les besoins réels des entreprises et des salariés pour maintenir en emploi les salariés. Il faut aussi faire évoluer le répertoire de formation pour le rendre plus opérationnel. On partage également le souhait de corriger le tir sur le financement de la réforme, par le biais de France Compétences, qui est défaillant depuis le début. La question de certaines dépenses financées par le plan d’investissement dans les compétences (PIC) est elle aussi dans le débat. Aujourd’hui, il existe des sources de financement disponibles qui ne sont pas mobilisées.

Avez-vous pour ambition de revenir sur d’autres réformes, autre que celle de la formation professionnelle ?

Par application du Code du travail, tout projet de réforme dans le champ de l’emploi est au préalable proposé à la négociation des partenaires sociaux. On demande simplement que cette saine règle soit respectée. En revanche, en mars nous avons proposé à tous les partenaires sociaux l’ouverture d’un agenda social autonome de 9 chantiers qui doivent démontrer que le dialogue social est utile. Avec au programme, notamment, l’amélioration et le renforcement la justice prud’homale, la mise en place d’un organisme paritaire de gestion de la branche accidents du travail et maladies professionnelles ou encore la modernisation du paritarisme. Nous travaillons en ce moment sur les autres sujets de l’agenda social.

Le dialogue social sort-il grandit de cette crise ?

Bien sûr, ces discussions s’inscrivent dans un contexte de dialogue social très riche au niveau interprofessionnel. En un peu moins de deux ans on compte trois ANI, l’un sur le télétravail, le second sur la santé au travail, un troisième sur l’encadrement. Mais aussi une revalorisation des pensions versées par l’Agirc-Arrco, ainsi que 80.000 accords d’entreprise. Il y a une vraie dynamique autour du dialogue social et le Mouvement des entreprises de France s’en réjouit. C’est la démonstration éclatante que les partenaires sociaux assument leurs responsabilités et que ceux qui le souhaitent s’impliquent avec pragmatisme dans le jeu de la vie publique.



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