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Finance

Joe Biden choisit de prolonger Jerome Powell à la tête de la Fed



Publié le 22 nov. 2021 à 15:29Mis à jour le 22 nov. 2021 à 15:46

Joe Biden a fait son choix. Le président a annoncé lundi qu’il proposait le maintien de Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale américaine pour mener la politique monétaire ces quatre prochaines années. « Le président Powell a assuré un leadership constant au cours d’une période de défis sans précédent, notamment la plus grande récession économique de l’histoire moderne et les attaques contre l’indépendance de la Réserve fédérale », a justifié la Maison-Blanche dans un communiqué. Nommé par Donald Trump en 2017, le premier mandat de Jerome Powell, 68 ans, arrive à échéance début février.

La Maison-Blanche propose de nommer Lael Brainard, également sur les rangs pour le poste de président, comme vice-présidente. « Lael Brainard – l’une des plus grands macro-économistes de notre pays – a joué un rôle de premier plan au sein de la Réserve fédérale, travaillant avec Powell pour contribuer à la reprise économique robuste de notre pays », indique aussi le communiqué de la Maison-Blanche.

Cette annonce clôt des mois de spéculation. Après avoir rassuré les marchés financiers au début de la crise du Covid en mars 2020 et assuré une reprise rapide de l’économie américaine, Jerome Powell était donné largement favori, avec un renouvellement du mandat courant pour les banquiers centraux. L’ancien banquier et avocat avait toutefois été fragilisé ces dernières semaines par la révélation d’investissements personnels de dirigeants de la banque peu conformes aux meilleures règles éthiques. Deux d’entre eux ont démissionné et le conseil de la Fed a édicté dans l’urgence de nouvelles règles plus restrictives.

Soutien républicain

Surtout, la poussée d’inflation ces derniers mois a nourri les interrogations sur l’analyse de l’économie américaine par la Fed et la pertinence de sa politique monétaire en période de sortie de crise. Pendant des mois, Jerome Powell a soutenu la large relance budgétaire voulue par la nouvelle administration Biden pour contrer les effets de la crise sur l’emploi.

Mais la confiance de la Fed dans une phase de hausse des prix purement « transitoire » s’est progressivement érodée. Début novembre, le comité de politique monétaire a annoncé le début de la baisse de ses achats d’actifs (bons du Trésor et créances hypothécaires), première étape avant une éventuelle hausse des taux.

Le Sénat devrait valider sans encombre le choix de la Maison Blanche. Jay Powell, qui avait été nommé président par Donald Trump en 2017, est un républicain modéré qui a le soutien d’une partie des élus du Grand Old Party. Avec 50 sénateurs républicains et 50 démocrates, la candidature de Lael Brainard était réputée plus difficile à faire valider par les élus. Le choix de Joe Biden pourra donc outrepasser l’opposition de la sénatrice démocrate Elizabeth Warren, qui l’a qualifié d’ « homme dangereux », et celle de quelques autres démocrates réticents. Jerome Powell avait été nommé pour la première fois au sein du Conseil des gouverneurs fin 2011, par Barack Obama.

Economiste et démocrate, Lael Brainard , 59 ans, siège depuis 2014 au conseil de la Fed mais elle n’avait, ces dernières semaines, reçu aucune promesse de soutien républicain. Elle est perçue un peu plus « colombe » que Jerome Powell, c’est-à-dire soucieuse de ne pas casser la croissance par un resserrement de la politique monétaire (via une hausse des taux) trop rapide ou important. Un historique pointé par les soutiens de Jerome Powell, à un moment où nombre d’économistes appellent à une politique un peu plus restrictive.

Lael Brainard était surtout jugée plus allante pour assurer une supervision stricte des banques américaines, et pour mettre en avant les questions de climat. Elle avait été pressentie pour devenir la première secrétaire au Trésor , un poste finalement dévolu à l’ancienne présidente de la Fed Janet Yellen. Cette dernière avait affiché son soutien à un renouvellement du mandat de Jerome Powell, avant d’afficher davantage de neutralité ces dernières semaines.

Postes vacants

Si la banque centrale est indépendante, les nominations de gouverneurs répondent aussi à des équilibres et des négociations politiques. Trois autres postes que celui du président sont à pourvoir : un est vacant, et deux vont s’ouvrir ces prochains mois : Randal Quarles, vice-président en charge de la supervision, a annoncé son départ à la fin de l’année, et le mandat du vice-président Richard Clarida expire fin janvier.

Ces prochains mois seront complexes à gérer pour la Fed : l’inflation occupe tous les esprits aux Etats-Unis, avec des prix à la consommation en hausse de 6,2 % sur un an. Alors que le taux de chômage est retombé à 4,6 % de la population active, des économistes appellent à accélérer la fin du programme d’ achat d’actifs engagé début novembre . Les taux d’intérêt directeurs, fixés entre 0 et 0,25 % par la Fed depuis mars 2020, sont en termes réels très négatifs compte tenu du niveau d’inflation, pointent des économistes.



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