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Finance

La BCE à la recherche d’une plus forte crédibilité



Publié le 25 nov. 2021 à 18:36Mis à jour le 25 nov. 2021 à 18:48

A trois semaines d’une réunion cruciale de la BCE, la publication des « minutes » du dernier Conseil des gouverneurs était particulièrement attendue. Les investisseurs espéraient y trouver des indices sur l’orientation qui sera adoptée par la Banque centrale le 16 décembre. Mais ils sont loin d’avoir obtenu toutes les réponses.

Le Conseil s’est entendu sur le fait que les achats nets dans le cadre de son plan « urgence pandémie » (PEPP) à 1.850 milliards d’euros prendraient probablement fin en mars 2022, comme cela avait déjà été annoncé. Tous ont également reconnu que l’évolution de l’inflation en 2021 avait été sous-estimée, et que les chiffres qui seront présentés en décembre devraient refléter cette hausse.

Incertitude

Mais au-delà, rien n’est vraiment sûr. « Il a été souligné que les données disponibles en décembre ne répondraient pas à toutes les incertitudes entourant les perspectives d’inflation à moyen terme », décrit le compte rendu. Conséquence : « Il a été jugé important que le Conseil des gouverneurs conserve suffisamment d’options pour permettre des mesures de politique monétaire à l’avenir, y compris au-delà de cette réunion. »

Autrement dit, la BCE pourrait au besoin augmenter son programme d’achats « classique » (APP), mais également réactiver le PEPP ou mettre en place d’autres dispositifs . A l’inverse, si, comme le juge possible Isabel Schnabel , membre du directoire de la Banque centrale, l’inflation restait durablement élevée, elle pourrait alors réduire son soutien.

Difficile donc pour les marchés d’y voir clair. « L’incertitude sur la politique que mènera la BCE est à son plus haut niveau depuis le ‘taper tantrum’ de 2013, avertit Adam Kurpiel, responsable de la stratégie « taux » chez Société Générale. Il existe une incertitude considérable sur le calendrier, la vitesse, l’étendue et les modalités de la normalisation de la politique monétaire après la pandémie et sur un resserrement éventuel. »

Confiance

Ce flou ne devrait pas améliorer le manque de confiance qui règne autour de la communication de la Banque centrale, concernant notamment l’absence de toute hausse des taux directeurs de la Banque centrale en 2022. Une décision qui a pourtant fait l’unanimité, y compris chez les « faucons », tenant de l’orthodoxie monétaire, qui sont d’ailleurs de moins en moins nombreux au sein du conseil. « La BCE pourrait commencer à relever ses taux en 2022 mais en nous disant que ce n’est pas vraiment une hausse », ironise Adam Kurpiel.

« Les acteurs de marché ont pu mettre en doute la crédibilité de la stratégie du Conseil des gouverneurs, reconnaît le texte des ‘minutes’. Dans ce contexte, il a été souligné que le Conseil des gouverneurs devait réaffirmer sa détermination à agir avec force et persévérance. » Nul doute que la présidente de la BCE, Christine Lagarde, sera attendue au tournant sur ce point le 16 décembre prochain.



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