Image default
Finance

La BCE s’inquiète de la flambée des prix immobiliers



Publié le 17 nov. 2021 à 12:52Mis à jour le 17 nov. 2021 à 12:53

Jusqu’ici tout va mieux sur le front économique. Et la Banque centrale européenne (BCE) s’en réjouit. « La récente reprise dans la zone euro a permis de relancer l’activité des entreprises et réduit par conséquent nos pires craintes sur l’économie et le risque crédit », a indiqué ce mercredi le vice-président de l’institution Luis de Guindos. Mais de nouvelles menaces apparaissent qui pourraient fragiliser à terme le secteur financier.

C’est le cas notamment de l’envolée des prix immobiliers, observée un peu partout dans le monde . « Les signes croissants de surévaluation de la zone euro dans son ensemble rendent les marchés de l’immobilier résidentiel plus susceptibles de subir une correction, en particulier dans les pays où les niveaux de valorisation sont déjà élevés », avertit le superviseur dans sa revue de stabilité financière.

Au deuxième trimestre, les prix de l’immobilier ont bondi de 7,3 % dans la zone euro, « soit la plus forte hausse constatée depuis 2005, dans un contexte d’assouplissement des conditions de crédit », rappelle la BCE dans son rapport.

Le phénomène de hausse n’est pas nouveau, et les prix avaient déjà commencé à grimper avant la pandémie de Covid. Mais la demande est repartie de plus belle après la fin des confinements de 2020, avec le maintien de taux d’intérêt historiquement bas, eux-mêmes favorisés par la politique monétaire très accommodante de la BCE. En France, la production de crédit immobilier s’élevait à 6,6 % en septembre, à un taux moyen de 1,13 % .

Des corrections de marché

Le superviseur des banques de la zone euro s’inquiète d’ailleurs de la forte dynamique du crédit qui accompagne cette inflation, avec une détérioration progressive des conditions de prêts. « Dans l’ensemble, ces évolutions ont renforcé les arguments en faveur d’une nouvelle activation des mesures de politique macroprudentielle, le cas échéant », prévient la BCE.

Les banques de la zone euro ont néanmoins commencé à resserrer, au troisième trimestre, les conditions d’octroi de prêt au logement consentis aux ménages. En France, l’inscription dans la loi des nouvelles recommandations du Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) devrait avoir un impact sur la production de crédit, et éventuellement sur le marché immobilier.

A partir du 1er janvier prochain, les banques françaises seront en effet contraintes de respecter un taux maximal d’endettement de 35 % et une durée de prêt inférieure ou égale à 25 ans. En octobre, la production de crédit immobilier aurait déjà commencé à diminuer selon les estimations de la Banque de France.

Les défis demeurent pour les banques

Outre l’immobilier, la BCE pointe aussi le risque lié aux récents records atteints par les marchés financiers, alors que des « poches d’exubérance de marchés » voient le jour. « L’évolution soutenue des prix des actifs financiers suscite des craintes de surévaluation sur certains marchés, ce qui accroît la probabilité de corrections du marché », prévient le superviseur. Là aussi, le secteur financier pourrait en pâtir.

A ce jour, la situation des banques de la zone euro demeure néanmoins favorable, comme en témoignent les résultats records publiés au troisième trimestre , portés par la vigueur de la reprise et des provisions financières en baisse. Satisfaite de ces évolutions, la BCE demeure vigilante face au retrait progressif des mesures de soutien des différents gouvernements, qui pourraient avoir un impact sur l’activité et le bilan des banques.

Elle prévient aussi que le niveau de rentabilité des établissements de la zone euro demeure inférieur à celui de leurs rivaux étrangers, en dépit du récent rebond. « Les défis structurels pré-pandémiques, tels que la faible rentabilité, une diversification limitée des revenus, la surcapacité et la faiblesse des marges dans un environnement de taux d’intérêt bas, restent entiers », écrit le superviseur.



Source link

Autres articles

Franklin Templeton, une société de gestion à l’abri des activistes

administrateur

A Londres, les fonds veulent aussi leurs aides Covid

administrateur

Fusion Société Générale – Crédit du Nord : les syndicats alertent sur l’emploi

administrateur

La crise du coronavirus pousse les banques privées à accélérer leur transformation

administrateur

Les réassureurs refusent de couvrir le risque de pandémie

administrateur

MacKenzie Scott annonce donner 2,7 milliards de dollars à des associations

administrateur