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Finance

La Bourse, une voie naturelle pour les opérateurs de marché



Publié le 17 nov. 2021 à 8:40

La Bourse de Saint-Pétersbourg, le Tadawul saoudien ou encore le National Stock Exchange en Inde… Les projets de cotation d’opérateurs boursiers se succèdent dans les pays émergents. Ils suivent l’exemple donné par les grandes Bourses américaines et européennes, pour la plupart déjà cotées depuis le début des années 2000.

La Bourse australienne a été la première à se coter sur son propre marché dès 1998. La plupart des grands opérateurs ont suivi, dont Euronext et le London Stock Exchange en juillet 2001, puis, outre-Atlantique, le Nasdaq et le NYSE en 2005.

Investir et grossir pour survivre

Il faut dire que tout le monde y trouve son compte. Autrefois, les opérateurs de marché étaient des sociétés mutualisées, avec leurs principaux utilisateurs comme actionnaires. La numérisation des échanges, puis la libéralisation des flux, les a contraints à revoir leur modèle, à investir et à grossir toujours davantage.

Mais leurs actionnaires, principalement des établissements financiers, ne souhaitent pas forcément investir dans ces infrastructures de marché. Une introduction en Bourse leur permet ainsi de céder facilement leurs participations historiques. Les places de marché, quant à elles, peuvent lever directement sur le marché les capitaux nécessaires à leur développement. Au tournant des années 2000, la nécessité d’une cotation ne fait pas vraiment débat.

Diversification et consolidation

Euronext lève ainsi 400 millions d’euros lors de son introduction en Bourse en 2001. De quoi financer l’acquisition du marché de dérivés londonien LIFFE l’année suivante. Déjà à cette époque, l’activité principale des opérateurs boursiers, à savoir la négociation actions, est vue comme une activité mature, sans grand potentiel de croissance.

La tendance est plutôt à la diversification, notamment vers les produits dérivés. Les volumes sont volatils sur les deux segments, cash et dérivés, mais ils croissent bien plus rapidement et régulièrement sur les dérivés. Le LIFFE devient ainsi rapidement le joyau des activités d’Euronext .

Manger ou être mangé

Mais désormais cotés, les opérateurs boursiers peuvent être acteurs de la consolidation, ou devenir des cibles pour des sociétés en meilleure forme. Euronext en a fait l’amère expérience. Après sa fusion avec le NYSE en 2007, qui valorisait l’opérateur boursier paneuropéen plus de 10 milliards d’euros, l’ensemble est racheté par l’américain ICE cinq ans plus tard.

L’acquéreur conserve alors les activités américaines et celles sur les produits dérivés en Europe, les plus lucratives. Il scinde les marchés actions européens au sein d’un nouvel Euronext, introduit en Bourse en 2014 avec une valorisation de 1,4 milliard d’euros.

Depuis, l’opérateur boursier paneuropéen s’est engagé dans une stratégie d’expansion, facilitée par sa cotation. En particulier avec l’acquisition de la Bourse de Milan auprès du London Stock Exchange en 2020, une opération à 4,4 milliards d’euros, qui lui a permis de retrouver des marges de manoeuvre dans des activités comme la compensation de dérivés. Cet investissement d’ampleur a notamment été financé par une augmentation de capital de 1,8 milliard d’euros.

Transformation radicale

C’est également en faisant appel aux marchés que le London Stock Exchange s’est radicalement transformé ces quinze dernières années, d’un opérateur de marché centré sur les actions à un groupe diversifié, avec comme principaux centres de profit les indices boursiers et les données financières.

La Bourse de Londres s’engage dans des opérations de plus en plus importantes, d’abord dans la compensation puis dans les indices avec l’acquisition de Russell Investments en 2014, financée par une levée d’argent frais sur les marchés de 1,6 milliard de dollars. Le LSE n’hésite pas à mettre sur la table 27 milliards de dollars pour reprendre Refinitiv cette année, un spécialiste des données financières. Une opération entièrement réalisée grâce à l’émission d’actions nouvelles.



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