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Economie

La charge de la dette de l’État augmente à 39,5 milliards en 2022


LE MACRONOMÈTRE – L’Ifrap donne une note de 4/10 à cette augmentation très rapide sous l’effet de l’inflation. Chaque semaine, le think-tank libéral évalue la politique du gouvernement dans Le Figaro.

La note de l’Ifrap Le Figaro

Par un amendement examiné en seconde délibération de l’article 19 du projet de loi de finances 2022 à l’Assemblée nationale, le gouvernement a modifié le déficit budgétaire de l’Etat qui passe à -155,13 milliards d’euros contre -143,38 milliards d’euros initialement inscrits au sein du PLF 2022, en partie pour cause de dépenses supplémentaires. Dans ces dépenses figurent 1,1 milliard d’euros lié au titre de la révision à la hausse de la charge de la dette de l’État prévue pour 2022. Du fait de la croissance du déficit, le besoin de financement de la France passe de 293 milliards d’euros pour 2022 à 302 milliards d’euros.

En effet, l’Agence France Trésor précise sur son site que « la charge de la dette est prévue à 39,5 milliards d’euros » alors que la prévision initiale était de 38,4 milliards pour 2022. Sur ce même périmètre, la loi de finances rectificative (2) 2021 révise également à la hausse la charge de la dette de l’État pour 2021 à 38,2 milliards d’euros. La charge budgétaire de la dette de l’État augmente donc très rapidement sous l’effet de l’inflation.

Nous ne sommes plus dans le temps où la France pouvait s’endetter toujours plus en payant toujours moins au moins sur le plan budgétaire, avant que cette augmentation ne se traduise en comptabilité nationale. Et pourtant nous empruntons toujours à des taux proches de 0 (0,11% à 10 ans le 15 novembre dernier). Il faut le souligner : la charge budgétaire de la dette a progressé en 2021 de 1,4 milliard d’euros et de +3,3 milliards entre 2020 et 2022.

Une erreur qui pourrait peser lourd

La raison de cette progression est à trouver certes dans l’augmentation du besoin de financement liée aux nouvelles dépenses mais aussi dans l’accélération de l’inflation qui augmente la charge d’intérêt des titres d’État indexés, c’est-à-dire dont le taux augmente quand les taux du marché augmentent (229 milliards d’euros fin septembre 2021 sur un encours de dette négociable de 2.148 milliards d’euros soit 10,66% toutes maturités). L’inflation peut donc avoir un effet non négligeable sur le coût annuel de la dette publique.

Le manque de désensibilisation de la dette publique négociable de l’État au risque d’inflation pèse aujourd’hui assez lourd dans l’augmentation de la charge budgétaire du service de la dette publique. Mais étant donné qu’en comptabilité nationale (maastrichienne), cette dernière continue à baisser facialement par le biais des modes de comptabilisation, l’exécutif ne se sent pas pressé d’amortir en priorité la dette indexée. Il nous semble qu’il s’agit d’une erreur qui pourrait peser lourd dans le futur si l’envolée de l’inflation n’est pas transitoire.

Comme le relevait déjà dans son avis associé sur la loi de finances rectificative pour 2021 et la loi de finances pour 2022 le Haut Conseil des finances publiques le 29 octobre 2021, « la prévision d’inflation du Gouvernement est plausible pour 2021, mais (…) celle pour 2022, inchangée en dépit de la hausse des prix de l’énergie et de la nette amélioration du marché du travail enregistrée depuis le PLF initial, semble en revanche trop basse. » La charge budgétaire de la dette de l’État pour 2022 pourrait donc dépasser en exécution les 39,5 milliards d’euros.



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