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Finance

La Commission européenne veut généraliser le paiement instantané



Publié le 17 nov. 2021 à 7:00

« Un paiement sûr, instantané et sans contact devrait être la norme en Europe. » Mardi, à Bruxelles, la commissaire européenne aux Services financiers, Mairead McGuinness, a affiché sa volonté d’accélérer la généralisation du paiement instantané sur le Vieux Continent, où la plupart des transactions sont aujourd’hui traitées en 24 heures.

Dans une industrie en révolution permanente et face à une concurrence mondiale, « le temps est clé » dans ce dossier qui constitue un « game changer », a insisté l’Irlandaise, confirmant que la Commission européenne présenterait au premier semestre 2022 des propositions pour accélérer l’essor des paiements instantanés.

« Au rythme actuel, il faudrait plus de dix ans pour un déploiement total. Nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre autant », a prévenu la commissaire.

La priorité, selon elle, est d’atteindre « une masse critique » alors qu’un tiers des acteurs du paiement en Europe n’est toujours pas équipé. « Nous devons disposer d’assez d’acteurs capables de recevoir et d’envoyer des transferts instantanés encadrés par des règles communes », a insisté Mairead McGuinness. Elle a également appelé à ce que soit trouvée une « approche tarifaire équilibrée pour que le paiement instantané ne reste pas un service premium et devienne la norme ».

Lourds investissements pour les banques

En France, les paiements instantanés progressent, mais restent encore confidentiels. Selon nos informations, ils ont triplé en un an et devraient difficilement atteindre les 100 millions de transactions d’ici à la fin de l’année. « Les paiements sans contacts, c’est 5 milliards d’opérations sur l’année », compare un expert du secteur.

Beaucoup de spécialistes pointent du doigt les banques traditionnelles, qui proposent le paiement instantané mais moyennant un surcoût par rapport à un virement classique. Ce qui limite son adoption, notamment par le grand public. « Pour les banques, cela demande d’abandonner leurs systèmes de paiement actuels et d’investir massivement dans de nouveaux, sans pouvoir vraiment en tirer une plus-value », explique professionnel.

Enjeu de souveraineté

Pendant longtemps, elles n’ont en effet pas eu à faire évoluer leurs systèmes, étant en situation de quasi-monopole. Mais la donne a changé depuis les réglementations DSP1 puis DSP2, qui ont ouvert la porte à de nouveaux entrants ayant fait du paiement instantané entre entreprises leur métier, à l’image de la fintech belge iBanFirst.

Derrière le coup de semonce de Bruxelles, il y a d’un côté la volonté de permettre aux marchands de bénéficier d’un service moins coûteux et d’une gestion de leur compte en temps réel, et de l’autre un enjeu de souveraineté.

En fonctionnant de compte à compte, le virement instantané peut permettre à terme de se passer de Visa et Mastercard. Les géants américains sont en effet devenus incontournables pour palier l’éclatement du marché européen, qui repose sur des schémas nationaux. Une problématique qui est également au coeur d’EPI, l’initiative du secteur bancaire européen visant à créer un système de paiement harmonisé à l’échelle de l’UE.



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