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Finance

La crise du coronavirus bouscule la hiérarchie boursière des banques européennes


Publié le 9 juil. 2020 à 6h27

Avec des cours de Bourse au plancher, et des perspectives incertaines sur le versement de dividendes, les relations entre le secteur bancaire européen et ses actionnaires n’ont rien d’une histoire d’amour. Pourtant, depuis le début de l’année, et l’éclatement de l’épidémie de Covid-19, certaines tirent mieux que d’autres leur épingle du jeu face aux investisseurs.

BNP Paribas est ainsi redevenue la première capitalisation bancaire de la zone euro, dépassant Santander depuis le 23 avril. La banque française affiche désormais une valorisation en Bourse de 45,5 milliards d’euros de capitalisation, soit 8,7 milliards de plus que la banque espagnole.

Son parcours n’est pourtant pas exceptionnel. Avec une chute du titre de 32 % depuis le début de l’année, BNP Paribas est en ligne avec l’indice des banques de la zone euro, en repli de 33 %. Le groupe valait encore 66 milliards d’euros fin 2019. Mais dans le même temps, Santander a vu son titre reculer de 42,6 %.

Inquiétudes sur les créances douteuses

On peut y voir l’exposition des banques espagnoles à l’Amérique latine, Brésil et Mexique en tête, durement touchés sur le plan sanitaire et économique. Les investisseurs s’inquiètent de l’impact de la crise et des risques de faillites ou d’impayés, qui vont plomber leurs comptes.

« Nous attendons des indications sur la façon dont Santander compte affecter les 1,6 milliard d’euros de provisions [annoncées en avril], et qu’elle actualise ses prévisions de coût du risque pour l’ensemble de l’année 2020 », écrit Credit Suisse dans une note récente. En Espagne, c’est le ralentissement du tourisme qui pèse sur l’activité du groupe.

BNP Paribas bénéficie de son côté d’une perception positive de sa gestion du risque, et de sa diversification, rassurant jusqu’ici les investisseurs, inquiets d’une possible flambée d’impayés et de créances douteuses dans le secteur . 

« La qualité d’une gestion du risque, c’est un travail dans le temps, mais qui se vérifie justement quand une crise éclate, soutient Jean-Pierre Lambert, analyste chez KBW. BNP Paribas s’est déjà bien réorientée en Italie vers des PME exportatrices, ou encore a réduit son exposition au pétrole ».

Le « vainqueur » inattendu de la période est pourtant Deutsche Bank, en pleine restructuration, et dont le cours progresse de… 20 % depuis le début de l’année, faisant d’elle la seule valeur bancaire importante en hausse, Europe et Etats-Unis inclus.

« Leur valorisation est si faible qu’une hausse du cours – même limitée en valeur absolue – suffit à les faire rebondir », nuance un bon connaisseur. Il n’empêche, la banque « a donné des messages rassurants sur sa solvabilité lors de la présentation du plan stratégique. L’entrée d’un nouvel actionnaire et la bonne tenue des revenus de la banque d’investissement ont aussi plu au marché », explique Lorraine Quoirez, analyste chez UBS. 

Suspense sur les dividendes

Reste qu’au-delà de ces deux cas particuliers, le tableau boursier reste sombre pour les banques européennes. « Dans l’ensemble, les valorisations du secteur restent inférieures à celles de leurs actifs, témoignant de la défiance des investisseurs », rappelle Lorraine Quoirez.

D’où la forte attente suscitée par la Banque centrale européenne (BCE) qui devrait préciser courant juillet si les banques pourront – ou pas – verser en octobre les dividendes gelés par les autorités au premier trimestre pour faire face à la crise . « Une règle d’ensemble a été appliquée, mais à présent il serait bon qu’un cadre plus discriminant soit mis en place, et que les banques en bonne santé puissent verser un dividende », plaide un grand banquier français.

Le suspense reste total sur ce point, le superviseur des banques européennes au sein de la BCE, Andrea Enria, ayant seulement suggéré que la décision dépendrait de l’état de l’économie. Les analystes de Credit Suisse disent « ne pas s’attendre » à un paiement cette année.



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