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Finance

La crise du Covid-19 laisse la zone euro à bout de souffle, selon la BCE



L’action de la BCE a certes permis d’éviter le pire, mais la zone euro sort de la crise extrêmement fragilisée, constate la Banque centrale européenne dans sa dernière Revue de stabilité financière. La pandémie a aggravé les vulnérabilités préexistantes de la zone euro. Avant la crise, le prix des actifs financiers avait atteint des niveaux records, les fonds d’investissement montraient des signes de fragilité, l’endettement des entreprises et des Etats s’était considérablement alourdi et la rentabilité du secteur bancaire était faible, énumère l’institution.

Le choc de marché, conjugué à la détérioration de la situation des entreprises et une possible correction des prix de l’immobilier, risque de fragiliser les établissements financiers. De quoi sérieusement entraver leur capacité à soutenir la reprise, s’inquiète l’institution. En début de semaine, l’Autorité bancaire européenne avait déjà estimé l’impact de la crise (actifs risqués et pertes liés aux prêts) sur les fonds propres des banques à 315 milliards d’euros.

Risque de redénomination

« La pandémie a entraîné une des contractions économiques les plus violentes de l’histoire récente », a déclaré Luis de Guindos, le vice président de la BCE. « Il faudra s’attaquer aux effets de la pandémie sur les perspectives de rentabilité des banques et sur les finances publiques, si l’on veut que notre système financier soir en mesure de continuer à soutenir la reprise économique. »

« Une contraction de l’économie plus grave et prolongée que prévu, combinée à des coûts de financement plus élevés pour certains pays de la zone euro risquerait de placer la dette des pays les plus endettés sur une trajectoire insoutenable », s’inquiète en particulier la BCE. Alors le risque de voir un Etat abandonner l’euro « pourrait encore augmenter », ajoute la BCE.

Le ratio d’endettement de la zone euro au-delà de 100 %

La BCE estime que les mesures de soutien et la chute des rentrées fiscales vont faire bondir le ratio de dette publique rapportée au PIB de 7 à 22 points de pourcentage en 2020, selon les pays. L’économie européenne est partie pour se contracter de 12 % cette année. Pour la zone euro dans son ensemble, la dette publique atteindrait 103 % du PIB cette année, contre 86 % en 2019. Elle devrait culminer à environ 160 % du PIB en Italie, 120 % en Espagne et en France et se rapprocher de 80 % en Allemagne, selon des projections de la BCE.

La banque centrale a déjà mis en place un plan d’achat d’urgence lié à la pandémie de 750 milliards d’euros, intervenu alors que les rendements des pays les plus endettés de la zone euro, notamment l’Italie, avaient commencé à remonter dangereusement. Elle ne s’arrêtera vraisemblablement pas là. Elle pourrait se donner une puissance de frappe encore plus importante à travers ce programme d’urgence, à l’occasion de la réunion de politique monétaire de la semaine prochaine, estiment certains économistes.

Dégradation de la qualité de crédit

Autre risque important pour le système financier : la multiplication des dégradations de notes de crédit des entreprises, de nature à limiter l’accès de l’économie réelle au financement. Ce mardi, Moody’s notait que la signature des entreprises européennes les plus mal notées (en catégorie spéculative) continuait à se dégrader et les émetteurs notés B3 ou moins représentaient désormais environ 37 % des notations, contre 28 % fin 2019.

Si trop d’entreprises étaient rétrogradées en catégorie spéculative, cela obligerait en outre certains investisseurs, comme des fonds de pension ou des assureurs, à vendre des titres ne correspondant plus à leurs critères de détention. Or, le marché de la dette spéculative étant relativement étroit, cela pourrait provoquer un krach obligataire, ajoute la BCE.



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