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Finance

La deuxième vague de Covid-19 menace la reprise des métaux industriels


Publié le 27 oct. 2020 à 12:40Mis à jour le 27 oct. 2020 à 17:08

Alors que la seconde vague de Covid-19 prend de l’ampleur et que les mesures de restriction sont de plus en plus strictes, les métaux industriels reculent, de concert avec les Bourses mondiales. Le cuivre, considéré comme un baromètre de l’économie mondiale, s’échange désormais contre moins de 6.800 dollars la tonne alors qu’il avait franchi la barre des 7.000 dollars la semaine dernière.

Optimisme excessif

Parmi les autres métaux, le nickel est repassé sous les 16.000 dollars, le zinc retombe autour des 2.500 dollars, tandis que l’aluminium glisse vers les 1.800 dollars la tonne. Et le minerai de fer sur le marché à terme de Singapour se paye environ 110 dollars la tonne, contre 115 auparavant.

L’indice du London Metal Exchange – le LMEX synthétise l’évolution des six métaux non ferreux de base – était remonté à plus de 3.100 points, son plus haut niveau depuis 2018. Mais l’optimisme des investisseurs a peut-être été excessif. Ils n’avaient d’yeux que pour la reprise en Chine, où les usines tournent à plein régime et où la construction redémarre, ce qui alimente la demande en métaux, à commencer par celle de cuivre.

La consommation et les importations de métal rouge dans l’ex-empire du Milieu sont telles que l’International Copper Study Group a dû revoir ses prévisions du tout au tout. Alors que l’organisme prévoyait un surplus de 281.000 tonnes, il anticipe désormais un déficit de 52.000 tonnes et il faudra attendre au moins 2021 pour que l’offre dépasse la demande.

Production historique d’acier

Pour le minerai de fer, là encore, c’est la Chine qui tire les cours. La production d’acier y a atteint son plus haut niveau historique au mois de septembre, selon les statistiques des autorités : 3,09 millions de tonnes par jour, du jamais vu !

La demande en aluminium est également soutenue par l’activité industrielle chinoise et la reprise du marché automobile. Du coup, la production du métal s’approche de records, dopée par des prix élevés : les producteurs dégagent actuellement une marge confortable de 275 dollars par tonne, notent les analystes de Commerzbank.

Le zinc, chouchou des investisseurs

Quant au zinc, les investisseurs parient massivement sur une hausse des cours, en raison d’un marché tendu en Chine, expliquent les experts de Citi qui rapportent les discussions entretenues avec leurs clients lors de la LME Week.

Cette tendance est-elle durable ? Les investisseurs veulent y croire, du moins à moyen terme. Ils regardent de près les discussions cette semaine au sein du parti communiste chinois pour fixer les objectifs économiques pour 2021-2025 .

L’ogre chinois qui engloutit à lui seul la moitié des matières premières dans le monde, devrait annoncer des mesures et des grands projets d’infrastructures afin de doper l’économie du pays et de préparer le terrain à la décarbonation de son économie. L’ambition de neutralité carbone d’ici 2060 devrait profiter aux métaux au coeur de l’électrification comme le cuivre.

Prudence à court terme

Ailleurs dans le monde, la perspective d’une victoire de Joe Biden à la présidentielle américaine et la mise en place de son programme d’infrastructures « vertes » devraient aussi bénéficier au métal rouge. « Toutefois, une victoire écrasante de Biden pourrait, dans un premier temps, provoquer un recul des marchés d’actions, entraînant le cuivre vers le bas », mettent en garde les analystes de Citi.

A court terme, les investisseurs sont rattrapés par la réalité du marché : les stocks de métaux s’accumulent sur fond de production parfois trop importante par rapport à la demande réelle. Chez Deutsche Bank on estime ainsi que le manque de discipline chez les producteurs chinois d’aluminium va peser sur la reprise des cours.

Autre exemple, le marché du zinc est certes tendu en Chine, mais partout ailleurs la demande a nettement reculé, notamment parmi les constructeurs automobiles européens. L’International Lead and Zinc Study Group anticipe donc un excédent de 620.000 tonnes pour 2020.

« Nous ne voyons aucune raison d’un point de vue purement fondamental pour que le zinc s’échange à de tels niveaux. Les prix profitent d’un bon sentiment de marché et d’un appétit pour le risque », écrivaient les analystes de Commerzbank il y a quelques jours. Le sentiment de marché, justement, bascule avec la pandémie qui affole les compteurs en Europe et aux Etats-Unis.



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