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Economie

la direction propose une «prime de pouvoir d’achat» aux cheminots


Le montant de la prime dépendra de la signature ou non d’un accord global par des syndicats pesant au moins 50% de représentativité syndicale.

La direction de la SNCF, qui organisait mercredi une réunion de négociations sur les rémunérations, a notamment proposé aux syndicats une «prime de pouvoir d’achat» versée en décembre, ainsi que des mesures qui entreraient en vigueur en 2022 ou au-delà, a-t-on appris de sources concordantes.

À la mi-journée, plusieurs centaines de cheminots exigeant une «augmentation généralisée des salaires» s’étaient rassemblés à l’appel d’une intersyndicale Unsa ferroviaire, SUD-Rail et CFDT-Cheminots devant le siège de la SNCF, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), où était organisée cette réunion.

Le montant de la «prime de pouvoir d’achat» proposée dépendra de la signature ou non d’un accord global sur les rémunérations «jusqu’au 10 décembre» par des syndicats pesant au moins 50% de représentativité syndicale, ont précisé des syndicats et la direction. En cas d’«une signature à 50%», cette prime atteindra 600 euros pour les salaires jusqu’à 1,5 Smic ou 300 euros pour ceux jusqu’à 3 Smic, tandis qu’«en l’absence de signature», la prime descendra à 500 euros pour les salaires jusqu’à 1,5 Smic ou 250 euros pour ceux jusqu’à 2,5 Smic, d’après ces sources.

La direction a aussi conditionné d’autres propositions à la signature de l’accord, comme une majoration annuelle de la «prime de travail» destinée à «tous les salariés» qui augmentera de 220 euros brut par an avec signature contre 200 euros sans signature, ou encore une «revalorisation des bas salaires» dont bénéficieront 61.000 salariés en cas de signature contre 30.000 sans signature, selon un tableau des «mesures salariales» proposées consulté par l’AFP.

Pour la direction, «il est important de valoriser la signature des organisations syndicales», qui «ont le projet de texte en mains» et «jusqu’au 10 décembre pour se prononcer», a-t-elle indiqué à l’AFP. Concernant l’évolution des carrières, «on a proposé de rajouter une possibilité de progression en fin de carrière», a-t-elle signalé.

«Un acte 1»

À l’Unsa ferroviaire, les propositions de la direction sont jugées «encourageantes». «Le groupe a fait des efforts, il a entendu la colère des salariés», a déclaré à l’AFP Florent Monteilhet, secrétaire général adjoint du deuxième syndicat représentatif de la SNCF, qui va «consulter ses structures» pour décider s’il signe ou pas l’accord.

SUD-Rail estime au contraire que «le compte n’y est pas» et que la direction n’a «pas entendu cette colère» des cheminots. Pour 2021, il n’y a «rien sur les salaires» et «pour 2022, des mesures spécifiques qui ne rattraperont rien», fustige dans un tract le troisième syndicat du groupe, dont les adhérents «décideront des suites à donner à ces annonces».

La CFDT-Cheminots considère de son côté que, «sans la mobilisation des cheminots», la direction «n’aurait probablement pas fait ces propositions». Pour son secrétaire général, Thomas Cavel, «la contestation a porté ses fruits. C’est un acte 1». Avant d’interroger ses structures et se prononcer, son syndicat attendra des négociations sur les rémunérations prévues ce mois-ci dans l’entreprise, puis dans la branche ferroviaire: «On verra quand on aura l’ensemble», a-t-il expliqué à l’AFP. Outre le rassemblement intersyndical, SUD-Rail avait appelé à la grève mercredi, de même que la CGT-Cheminots, premier syndicat du groupe. Un mouvement qui a perturbé le trafic des trains régionaux, alors que celui des trains longue distance était normal.



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