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Finance

La Fed augmente les taux d’un demi-point



Comme prévu, la Réserve fédérale a annoncé mercredi une hausse des taux d’intérêt d’un demi-point. Après les avoir déjà remontés d’un quart de point en mars, ses taux d’intérêt directeurs se situeront désormais entre 0,75 % et 1 %, a-t-elle indiqué à l’issue de son comité de politique monétaire . Une décision prise à l’unanimité.

La banque centrale a également donné son feu vert pour entamer à partir du 1er juin la réduction de la taille de son bilan. Celui-ci, qui atteint près de 9.000 milliards de dollars après des achats massifs pendant la pandémie, sera d’abord réduit de 47,5 milliards de dollars par mois pendant trois mois, puis de 95 milliards mensuels.

Les deux actions ont pour objectif de juguler l’inflation. Alors que le président de la Fed, Jerome Powell, a longtemps parié sur un phénomène « transitoire » et maintenu en conséquence une politique monétaire très accommodante, les prix à la consommation continuent à accélérer aux Etats-Unis, à 8,5 % sur un an, un rythme inédit depuis quarante ans. Même hors énergie et alimentation, dont les évolutions sont jugées volatiles, l’indice privilégié par la Fed (PCE) affiche une inflation de 5,2 % sur un an en mars.

L’environnement mondial crée maintenant de nouveaux aléas : l’invasion russe en Ukraine et ses conséquences mettent « une pression supplémentaire à la hausse sur l’inflation et risquent de peser sur l’activité économique », note la Réserve fédérale. S’y ajoutent aussi les confinements liés au Covid en Chine, « susceptibles d’aggraver les perturbations de la chaîne d’approvisionnement ». Dans ce contexte, « le comité est très attentif aux risques d’inflation ».

Dépenses des ménages

Le recul surprise du PIB américain au premier trimestre, de 1,4 % en rythme annualisé, n’a en revanche pas modifié l’analyse de fond des gouverneurs : « bien que l’activité économique globale ait légèrement fléchi au premier trimestre, les dépenses des ménages et les investissements fixes des entreprises sont restés élevés », note le communiqué de la banque centrale. Le recul est surtout lié à des importations records, qui pèsent sur la balance commerciale.

Le marché de l’emploi est en outre jugé très solide et peut largement supporter un resserrement monétaire de nature à tempérer l’activité, estime la Réserve fédérale, qui a pour double mandat de garantir la stabilité des prix (soit autour de 2 % de hausse sur le long terme) et de maximiser l’emploi.

A 3,6 % de la population active, le taux de chômage est revenu sur son niveau d’avant-pandémie, le rythme des créations d’emploi est soutenu et les Américains sortis du marché du travail pendant la pandémie ont commencé à y revenir. Les offres d’emploi restent malgré cela pléthoriques, nourrissant des hausses de salaires dynamiques.

Les marchés financiers anticipent déjà de nouvelles hausses de taux lors des prochaines réunions de la Fed. A l’issue de la réunion de mi-mars, les gouverneurs de la Réserve fédérale prévoyaient en moyenne sept hausses sur l’année – de quoi parvenir à 1,875 % en fin d’année, et trois à quatre autres l’an prochain. Le comité de politique monétaire se réunira à nouveau les 14 et 15 juin.



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