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Economie

La Fed maintient sa politique ultra-stimulante


La discussion d’une réduction éventuelle des rachats de dette publique est repoussée à une prochaine réunion.

La banque centrale des États-Unis n’a presque rien dévoilé de son intention d’amorcer d’ici quelques mois une levée de mesures exceptionnelles qui inondent les marchés de liquidités. Le mutisme de la Réserve fédérale à cet égard dans le communiqué de son comité monétaire qui s’est achevé mercredi après-midi à Washington, a initialement déçu les marchés d’actions.

Durant la conférence de presse qui a suivi, Jay Powell, le patron de la Fed, a tout de même précisé que la banque centrale se tenait prête à ajuster sa politique si l’inflation se révélait plus tenace. Il a aussi laissé entendre que la discussion d’un éventuel futur plan de réduction progressive des rachats de dette publique par la Fed se tiendrait dans un avenir proche. Le calendrier fixe la prochaine réunion du comité le 27-28 juillet.

Un relèvement du taux directeur envisagé dès l’an prochain

On note toutefois qu’un plus grand nombre de membres du comité monétaire de la Fed envisage désormais dès l’an prochain un premier relèvement du taux directeur de la banque centrale qui est fixé à zéro depuis quinze mois. Sept sur dix-huit membres pensent que ce moment interviendra l’an prochain. Ils n’étaient que quatre à le penser en mars dernier. En outre treize sur dix-huit l’envisagent avant la fin 2023. Ils étaient sept à anticiper cela fin mars. Un avancement dans le temps qui profite au dollar mais fait chuter l’euro.

Ces anticipations dont la valeur prédictive est jugée douteuse par Jay Powell, sont publiées tous les trimestres par le comité monétaire, mais de manière anonyme. La Réserve fédérale juge que «l’activité économique et l’emploi se sont améliorés dans le contexte du progrès des vaccinations contre le covid-19». Elle révise d’ailleurs de 6, 5% à 7% sa prévision de croissance pour l’année 2021. Pour autant, comme prévu Jay Powell et ses collègues, unanimes maintiennent à zéro le taux des «fed funds» auquel les banques se prêtent des liquidités à très court terme.

Ils confirment aussi la poursuite des rachats mensuels de 80 milliards de dollars de dette publique et de 40 milliards de dollars d’obligations gagées sur des créances immobilières. Wall Street aurait aimé que la Réserve fédérale au minimum reconnaisse qu’un débat s’était déjà engagé sur la question d’une réduction très progressive, peut-être à partir de l’automne ou de l’hiver, de ses rachats de dette.

Un scénario qui se révèle plus complexe que prévu

La Réserve fédérale est dans une situation délicate: le scénario qu’elle envisageait l’hiver dernier pour la sortie de pandémie se révèle plus complexe que prévu. Sous l’effet de plusieurs plans massifs de relance d’une part, et grâce aux effets libératoires des vaccinations, l’activité reprend rapidement. La justification de sa politique monétaire hyperstimulante est donc amoindrie, voire remise en question.

Dans le même temps, les dysfonctionnements dans les chaînes d’approvisionnement et la réticence de millions d’Américains à revenir sur le marché du travail, déclenchent de fortes hausses de prix et de salaires. L’inflation au niveau des prix de gros, sur douze mois, est montée à 6, 6%. Au niveau des prix à la consommation, elle atteint 5, 8%. On est donc déjà très au-delà de l’objectif de 2% qu’elle s’est du reste autorisée à dépasser quelque temps. Le Fed reste sereine, convaincue qu’on assiste en partie à un rattrapage par rapport aux mois de confinements. Elle considère que les chaînes d’approvisionnement vont se normaliser d’ici quelques mois, ce qui calmera les prix.

Par ailleurs, le plus inattendu est qu’en dépit du rebond marqué de l’activité, 7, 6 millions d’emplois manquent encore à l’appel, par rapport à la situation antérieure à la pandémie. «D’ici un à deux ans on verra que le marché de l’emploi sera très très solide» affirme Jay Powell. La vigueur pour l’instant moins marquée que prévu de l’embauche l’incite à tarder le plus possible avant même de parler d’une future levée des mesures ultra-stimulantes qu’il a prises au début du confinement en 2020.



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