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Economie

La France mise désormais 9 milliards d’euros sur l’hydrogène


ANALYSE – Les projets se multiplient. La start-up industrielle Genvia recevra 200 millions d’euros de subventions pour un nouveau procédé.

Dans l’eau, séparer les atomes d’hydrogène et d’oxygène grâce à un procédé électrique, l’électrolyse de l’eau. Voilà une des technologies clés de la transition énergétique et de la décarbonation de l’économie. L’exécutif met sur la table presque 9 milliards d’euros d’ici la fin de la décennie pour développer une filière française et éviter que ce savoir-faire soit monopolisé par des pays asiatiques à bas coût, comme c’est le cas aujourd’hui pour les panneaux solaires. «Il faut maîtriser les différentes briques technologiques et les produire sur notre territoire», martèle-t-on dans l’entourage du président. Quitte à financer des projets audacieux et risqués, comme celui de la start-up industrielle Genvia.

Emmanuel Macron a visité mardi à Béziers le site de cette start-up industrielle, fruit de l’association entre le CEA, le parapétrolier Schlumberger, le géant du BTP Vinci, le cimentier Vicat et la région Occitanie. «Une vraie pépite», a applaudit le président mardi en annonçant un chèque de 200 millions d’euros pour aider à son développement. Elle espère bien développer l’électrolyseur de demain. Aujourd’hui, les électrolyseurs construit industriellement sont de technologie alcaline et nécessitent des métaux très demandés comme le nickel. La solution développée par Genvia est dite «à haute température». Elle ne nécessite pas de matières premières rares et son rendement est supérieur d’une dizaine de points aux autres technologies, vante le CEA. Cette solution permet d’utiliser la chaleur dite «fatale», c’est-à-dire non utilisée, produite en marge de processus industriels, comme la cimenterie (d’où l’intérêt de Vicat pour le projet).

Une dynamique et des projets

Le défi de Genvia? Passer du prototype expérimental de petite taille à l’objet de grande taille commercialisable, en quelques années seulement. Car la concurrence, notamment allemande, est aussi sur le coup. Rien ne garantit le succès de ce projet: le passage à l’échelle industrielle est un défi que certains ne parviennent pas toujours à remporter. «C’est une technologie très risquée, un pari technologique, admet-on à l’Élysée. C’est une dynamique que nous souhaitons porter, et pour cela il faut prendre des risques.»

Ce projet s’inscrit dans une vaste stratégie hydrogène. Un premier volet, doté de 7 milliards d’euros, avait été dévoilé en septembre 2020. Un second, d’un montant d’1,9 milliard d’euros, était inclus dans le cadre de France 2030, annoncé en octobre. Au total, près de 9 milliards d’euros, donc. A Béziers, Emmanuel Macron en a précisé les contours. L’objectif est de diversifier les risques, avec des projets affichant différentes maturité, certains étant encore au stade de la recherche, comme Genvia, d’autres plus proche de l’industrialisation. Un an après l’annonce du premier plan hydrogène, pas moins de 77 projets ont candidaté à des aides publiques. «Une quinzaine d’entre eux ont été sélectionnés et seront soutenus», indique-t-on à l’Elysée. Genvia est l’un d’entre eux.

C’est un pari technologique. C’est une dynamique que nous souhaitons porter, et pour cela il faut prendre des risques

Une source à l’Élysée

Un autre est porté par l’entreprise John Cockerill. L’entreprise belge a créé une filiale française qui va se consacrer exclusivement à l’hydrogène, plus précisément à la fabrication d’électrolyseurs utilisant la technologie alcaline traditionnelle. «Nous allons lancer la construction d’une gigafactory fabricant les cellules des électrolyseurs à Aspach, en Alsace, précise Anne-Françoise Laime, déléguée générale France de John Cockerill. Cela représente un investissement de 100 millions d’euros, qui permetta de créer 250 à 300 emplois». La société dispose d’un réel savoir-faire dans ce domaine, grâce à une co-entreprise déjà opérationnelle en Chine. «Pour notre activité européenne, rien ne viendra de Chine», rassure Anne-Françoise Laime. La société est suffisamment confiante pour avoir lancé son investissement sans aide publique. Elle compte cependant sur cette aide pour tenir son calendrier, qui table sur une mise en service au premier semestre 2023. Sauf que certains candidats risquent d’être déçu. Les demandes des 15 entreprises sélectionnées se montent à 5,8 milliards d’euros, quand le gouvernement n’a fléché qu’1,5 milliard d’euros sur ces projets.



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