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Economie

La fréquentation de nombreux quartiers parisiens s’est effondrée avec la crise


Rue de Rivoli, Boulevard Haussmann, Forum des Halles… À Paris, la crise sanitaire a entraîné la désertification les hauts lieux parisiens de la consommation. C’est ce que révèle une étude réalisée par la Fédération du commerce spécialisé, Procos, qui rassemble environ 300 enseignes (habillement, restauration, alimentation, loisirs, services automobiles, hygiène et santé et équipement de la maison)*.

Sur le podium des zones les plus boudées par les chalands, on trouve le Marais dont la fréquentation – calculée avec le nombre de clients passant dans les magasins membres de cette fédération – a dégringolé à – 89,2% en septembre par rapport à l’année précédente. Avec une perte de chiffre d’affaires de 28,7% sur la même période, le quartier historique semble pourtant plus épargné que d’autres. Les Champs-Élysées, dont la fréquentation a baissé de 64,7 %, enregistrent la plus grosse perte de chiffre d’affaires de la capitale (-60%). Les quartiers Montparnasse et Odéon Saint-Michel arrivent respectivement troisième et quatrième positions avec près de -50% de fréquentation, pour une perte de chiffre d’affaires de 45,8% pour le premier et de 39,1% pour le second.

Des chiffres imputables à «l’absence de touristes internationaux », pointe Emmanuel Le Roch, délégué général de Procos. «Le télétravail joue également un rôle très important. Les actifs ne viennent travailler que deux jours par semaine. Les commerces de passage sont moins fréquentés», ajoute-t-il. Selon l’étude, «en Ile-de-France, 30 % des salariés ont recours au télétravail, soit 2 à 3 fois plus que dans les autres régions». S’ajoutent à ces deux facteurs «la méfiance vis-à-vis des transports en commun » et «l’absence d’une vie culturelle (théâtre, cinéma…) normale et ses conséquences sur les activités qui en vivent directement (restauration…)».

Les centres commerciaux situés en périphérie ne sont pas en reste. «Il y a une réticence à aller dans des lieux denses et fermés. Ils sont de plus, souvent irrigués par de puissants équipements de transports publics», explique la Fédération. Le centre commercial Les Quatre temps (La Défense) et Créteil Soleil (94) enregistrent tous deux près de -33% de fréquentation au mois de septembre par rapport à l’année dernière. Leur chiffre d’affaires a respectivement diminué de -22,5% et -23,6% sur la même période.

Disparités entre métropoles et petites villes

Ces données sont le résultat d’une iniquité géographique : la crise sanitaire affecte davantage les commerces spécialisés des métropoles que ceux des plus petites villes. Pour l’ensemble de la France, le chiffre d’affaires des enseignes référencées par Procos est positif (à +0,6 %) en septembre alors que celui des magasins parisiens décroche à -16,7 % sur la même période. Et pour cause, la fréquentation des petits centres-villes évolue entre – 10 et – 20 % en septembre tandis que les centres-villes de plus de 500 magasins «ont vu leur fréquentation baisser d’environ 30%», ajoute Emmanuel Le Roche. Depuis janvier, «la baisse de chiffres d’affaires cumulée est de – 31,8 % en Ile-de-France et de – 20 % sur la France entière», relève encore l’étude.

Une double peine puisque les commerces situés dans les centres-villes de métropoles et grands centres commerciaux supportent d’importants loyers. «Il faut adapter ces charges à la réalité. Nous pourrions imaginer répartition du coût du loyer entre le bailleur, l’état et le commerçant», plaide le délégué général.

Seul gagnant de cette désertification, l’e-commerce dont les ventes restent très dynamiques en septembre (+ 42,3 %). «Depuis le début 2020, la baisse cumulée des ventes magasins tous secteurs confondus du commerce spécialisé est de – 20 % alors que les ventes internet augmentent en moyenne de 87 % durant la période», détaille Procos.

Les disparités sont géographiques mais également sectorielles puisque l’équipement de maison, le sport et la jardinerie bénéficient des habitudes prises pendant le confinement tandis que la restauration, l’habillement et la beauté restent fortement touchés. «L’expérience en magasin s’est dégradée. Il est difficile d’essayer des produits textiles ou du maquillage en boutique», avance Emmanuel Le Roche. Même sort pour «l’alimentaire spécialisé» et «les cadeaux». Les produits «associées au plaisir et à la fête» sont pénalisés par les mesures sanitaires.

*Cos, Damart, Kiabi, Starbucks, Pomme de pain, Léon de Bruxelles, Feu Vert, Norauto, Sephora, Monop’Beauty, Décathlon, Maisons du Monde, etc.

À VOIR AUSSI – Covid-19: faut-il reconfiner?



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