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Economie

La grande distribution prépare la fin du ticket de caisse imprimé


La mesure se veut écologique, mais inquiète les associations de consommateurs, qui rappellent le rôle de ces tickets pour vérifier les prix et faire valoir les garanties.

Depuis le 6 avril 2021, lors du passage en caisse des magasins du groupe Système U, il est demandé aux clients s’ils souhaitent un ticket de caisse et un reçu bancaire papier. Si la réponse est non, ces derniers ne sont pas imprimés. Même question chez Carrefour pour les détenteurs d’un compte fidélité, qui peuvent choisir de recevoir la liste de leurs achats directement dans leur espace personnel.

Une démarche écologique

«L’idée vient des consommateurs, explique Bertrand Swiderski, directeur RSE du groupe Carrefour, car il y a une forte demande dans ce sens». Même constat chez Système U: «40% des clients répondent ne pas vouloir de leur ticket de caisse imprimé, si on le leur demande lors du passage en caisse». L’enseigne justifie son choix par «un double objectif, à la fois écologique puisqu’elle permet de limiter l’utilisation et le gaspillage de papier, et de santé publique car le papier thermique utilisé contient des substances chimiques». Pour donner un ordre de grandir, le groupe dit utiliser chaque année «un peu plus de 1,2 million de bobines, soit 110 192 kilomètres de papier». Même réflexion chez Carrefour. Dix millions de clients qui opteraient pour le ticket de caisse numérique permettraient d’économiser 2000 km de papier.

Ces magasins anticipent une évolution réglementaire. À partir du premier janvier 2023 sera interdit: «l’impression et la distribution systématiques de tickets de caisse dans les surfaces de vente et dans les établissements recevant du public». Même situation pour les tickets de carte bancaire ou pour les bons d’achat.

Un bout de papier très utile

Le ticket de caisse papier n’a pas que des défauts. Il permet tout d’abord de vérifier que les prix scannés en caisse soient identiques à ceux annoncés en rayon. Ce qui n’est pas toujours le cas, comme le note le magazine 60 Millions de consommateurs: «en 2016, après avoir contrôlé des dizaines de milliers de prix, la Répression des fraudes avait établi à 8 % le taux d’erreurs», pour moitié défavorable au client. Cette question est sensible pour de nombreux consommateurs comme le note Bertrand Swiderski: «on a des gens qui continuent à vouloir le ticket, particulièrement sur les gros achats».

Le papier donné en caisse est ensuite le principal support pour la garantie légale de conformité, souvent le seul. Cette dernière protège l’acheteur contre tous les défauts de fabrication lors d’achat ou de la livraison d’un produit. «Le ticket sert également de preuve en cas de denrée avariée avant la date de péremption, ou si le produit acheté est rappelé à cause d’un problème de sécurité,» ajoute 60 Millions de consommateurs.

Le problème de la confidentialité des données

Le magazine rappelle surtout que le ticket de caisse est déjà facultatif dans certaines situations. En effet la loi impose une facture à un client particulier que s’il s’agit d’une prestation de service dont le montant est supérieur à 25 euros TVA comprise. Dans les autres cas la délivrance d’une facture est libre sauf si le client la demande. De fait la grande distribution n’est pas concernée par cette obligation.

Autre souci la confidentialité des données. Pour obtenir le ticket de caisse numérique, le client devra probablement communiquer une adresse mail ou un compte fidélité. Comment faire pour éviter que les données soient utilisées à des fins commerciales, ou autre?

La loi ne dit rien à l’heure actuelle sur le sujet. Du côté des enseignes on reconnaît que le sujet n’est pas encore tranché. Pour le moment Carrefour contourne le problème en ne proposant le ticket dématérialisé qu’aux détenteurs de carte de fidélité.



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