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Economie

La hausse des prix pourrait gagner le secteur de l’habillement


Victimes de la flambée des coûts des matières première et du fret, 58% des professionnels du secteur prévoient une inflation de 0 à 10% en 2022.

Des tops, pulls et pantalons plus chers en 2022 ? À l’instar de nombreux secteurs en cette fin d’année, l’habillement pourrait, lui aussi, être touché par l’inflation dans les mois à venir.

C’est ce que prévoit l’Institut Français de la Mode (IFM) qui interroge tous les mois 100 marques et enseignes notamment sur l’évolution de leurs prix. En octobre, 49% des sondés ont prédit une hausse de leurs tarifs de vente de 0 à 5% en 2022 et 9% une hausse située entre 5 et 10% (soit 58% qui comptent augmenter leurs prix de 0 à 10%). 34% s’attendent à l’inverse à laisser leurs prix stables. «C’est une question de stratégie. Certains peuvent décider de baisser leurs marges quand pour d’autres, elles sont déjà trop faibles. Cela dépend également de la gamme de prix. Pour ceux qui sont positionnés sur des premiers prix, il est plus difficile de les augmenter», explique Gildas Minvielle, directeur de l’observatoire économique de l’IFM. Pour un article à 9 euros, le passage au-dessus de la barre des 10 euros peut en effet avoir un impact négatif auprès du consommateur à la recherche de la bonne affaire. D’autant qu’une hausse de 5% serait plus élevée que l’inflation que connaît actuellement la France. D’après l’Insee, elle atteignait +2,6% en octobre contre 2,2% en septembre.

Hausse des coûts des matières premières

Comme bien d’autres secteurs, l’habillement fait les frais d’une conjonction de facteurs négatifs à commencer par la hausse des coûts des matières premières. Le prix du coton atteint ainsi des sommets jamais vus depuis 2011. La laine suit elle aussi une tendance à la hausse de même que le pétrole, dont le textile est très demandeur pour fabriquer ses fibres synthétiques. L’augmentation des prix du fret, le transport de marchandises, pèse également sur les prix de l’habillement. «C’est deux éléments combinés ont un impact très fort», confirme Gildas Minvielle.

Au-delà de l’inflation en boutique prévue, la hausse des coûts des matières premières et du fret ont également amené les professionnels à revoir leurs lieux d’approvisionnement. Si l’Asie, avec en tête la Chine mais aussi le Bangladesh, le Vietnam et le Cambodge, s’appropriait jusqu’alors 70% des importations en Europe du secteur, ce dernier opte désormais plus volontiers pour des pays comme le Maroc, la Tunisie et la Turquie pour se fournir. Déjà parmi les clients de l’habillement, ces pays renforcent progressivement leur place, indique l’économiste. «Si cela reste moins cher de s’approvisionner en Asie, les distributeurs ont conscience qu’en se tournant vers le sud de l’Europe, ils prennent moins de risque : ils peuvent passer leurs commandes moins longtemps à l’avance et ainsi mieux évaluer le nombre de pièces nécessaires et éviter de se retrouver avec des invendus», explique-t-il.

Pas de retour en arrière

Une solution qui montre la capacité d’adaptation du secteur mais qui ne devrait pas inverser la tendance haussière pour autant dans les magasins. Seules les perspectives optimistes de la Banque centrale européenne qui prévoit une inflation temporaire permettent de se montrer optimistes. «Les mesures de l’inflation sous-jacente», c’est-à-dire hors des prix volatils de l’énergie et de matières premières, «évoluent dans la bonne direction», a encore affirmé sa présidente, Christine Lagarde, lors d’un congrès sur la finance à Francfort, le 19 novembre dernier. Même si ce scénario se réalisait, les prix sur les portants ne baisseraient pas pour autant, conclut Gildas Minvielle : «Une fois qu’ils ont augmenté, la hausse est entérinée et c’est difficile de revenir en arrière».



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