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Economie

La lanceuse d’alerte de Facebook sort de l’ombre


Frances Haugen, ex-chef de produit, multiplie les interviews et témoignera mardi au Sénat.

La lanceuse d’alerte a désormais un nom et un visage. L’Américaine Frances Haugen, 37 ans, a sorti de l’intranet de Facebook des milliers de documents confidentiels démontrant que le groupe californien est conscient des dangers provoqués par ses applications, mais sans prendre de mesures correctrices. Elle a remis ces documents au Wall Street Journal – qui en a extrait une série d’enquêtes, les « Facebook Files » -, à des élus américains engagés dans la régulation des géants de la tech, à cinq procureurs généraux d’États, mais aussi à la SEC, le gendarme de Wall Street. Frances Haugen y a déposé huit plaintes contre Facebook, en arguant que les déclarations de ses dirigeants sont en contradiction avec les documents qu’elle révèle. Or, selon la loi américaine, une entreprise cotée ne peut mentir à ses actionnaires ni leur cacher des informations.

Chef de produit chez Facebook pendant près de deux ans, Frances Haugen a témoigné à visage découvert dimanche dans l’émission de CBS « 60 Minutes », tout en accordant d’autres interviews à la presse. Cette spécialiste de la recommandation de contenus, qui a travaillé pour Google, Yelp et Pinterest, estime qu’il y a « un conflit entre ce qui est bon pour la société et ce qui est bon pour Facebook. »

Elle prend l’exemple d’une réforme des algorithmes de tri des contenus du fil d’actualité, décrété en 2018 pour renforcer l’engagement et qui a conduit à favoriser les contenus polémiques qui suscitent de nombreux commentaires. « Facebook a réalisé que s’il modifiait l’algorithme pour que le réseau soit plus sûr, les gens allaient rester moins longtemps sur l’application, allaient moins cliquer sur les publicités, et qu’il gagnerait donc moins d’argent », poursuit-elle.

Voyage en Europe

À sa demande, Frances Haugen a travaillé dans un groupe chargé de s’assurer que Facebook ne soit pas le théâtre de manipulations à l’occasion de la présidentielle américaine de 2020. Elle y a vu que le groupe était capable de corriger ses algorithmes pour éviter la propagation de désinformation, mais a aussi noté les faibles moyens humains alloués à ce que le groupe nomme « l’intégrité civique ». Un mois après le scrutin présidentiel, Facebook a dissous cette cellule, et ce alors que Donald Trump et ses partisans contestaient leur défaite. Il a remis en place ses anciens algorithmes « pour donner la priorité à la croissance plutôt qu’à la sûreté. Je l’ai vécu comme une trahison de la démocratie », affirme-t-elle. Facebook est actuellement interrogé par le Congrès pour jauger le rôle qu’il a joué dans la prise d’assaut du Capitole le 6 janvier.

« Suggérer que nous encourageons les contenus toxiques et que nous ne faisons rien pour y remédier est tout simplement faux », arguent les porte-parole de Facebook. Le groupe s’est aussi défendu sur CNN, où était interrogé Nick Clegg, son directeur des affaires publiques.

Frances Haugen tient à préciser que « personne n’est malveillant chez Facebook » et qu’elle ne souhaite pas le démantèlement du groupe. La lanceuse d’alerte sera auditionnée mardi au Sénat américain, puis s’envolera fin octobre vers l’Europe pour témoigner face au Parlement britannique, avant de se rendre à Bruxelles.



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