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Economie

La Poste investit pour doper son activité colis


L’entreprise publique va dépenser 450 millions d’euros pour muscler son réseau. Elle veut doubler le nombre de colis distribués d’ici à 2030.

La distribution de courrier, en chute libre, plombe les comptes de La Poste. Heureusement pour l’entreprise publique, l’essor de l’e-commerce lui offre un relais de croissance qu’elle a su saisir à bras-le-corps. Elle détient 50 % de parts de marché dans la distribution de colis en France. Pour maintenir cet avantage dans un marché en croissance constante, La Poste a annoncé mardi un nouveau plan d’investissement de 450 millions d’euros sur la période 2022-2026, soit l’équivalent de ce qu’elle a déjà investi depuis 2018.

«Les investissements réalisés nous ont permis de faire face à la très forte croissance de l’activité colis l’année dernière et de gagner des parts de marché, constate Philippe Dorge, le directeur général adjoint du groupe La Poste, en charge de la branche services courrier colis. Mais nous pensons que l’e-commerce a encore un fort potentiel de croissance: les ventes en ligne ne représentent que 13 % des achats en France, contre 25 % au Royaume-Uni.»

Cette année, La Poste prévoit de distribuer 510 millions de Colissimo. En 2030, elle vise le milliard. Plusieurs facteurs portent cet essor. Les plus gros clients de La Poste – les leaders de l’e-commerce que sont Amazon, Cdiscount ou la Redoute – voient leur activité augmenter et réduisent leurs délais de livraison. Même si Amazon développe ses propres capacités logistiques et livre lui-même une part croissante de ses colis, il fournit toujours 10 % des paquets acheminés par La Poste. L’entreprise publique constate aussi une forte croissance des envois de petites marchandises expédiées depuis l’Asie, via des sites tels que Wish ou AliExpress. Enfin, le marché de la seconde main dope les envois entre particuliers.

Des emplois de postiers confortés

Pour faire face à ces volumes croissants, La Poste devait muscler ses capacités industrielles. L’entreprise publique ouvrira d’ici à 2026 cinq nouvelles plateformes logistiques innovantes, capables de trier les colis trois fois plus vite que par le passé. Elles seront situées dans les zones que La Poste n’a pas ou peu couvertes ces quatre dernières années: l’est de la France, l’Ouest, le Sud-Ouest et le Sud-Est. Une centaine de sites de distribution plus petits, qui constituent des relais entre les plateformes de tri et le dernier kilomètre, seront modernisés. Cette densification du réseau postal permettra de livrer 40 % des colis le lendemain de leur envoi, mais sans horaire garanti, «sinon c’est le service de Chronopost», précise Philippe Dorge.

Ces investissements sécurisent l’emploi des postiers. Sans les nouvelles capacités annoncées mardi, La Poste ne pourrait pas traiter l’intégralité des volumes de colis à venir. Elle serait contrainte d’accroître son recours à la sous-traitance à des entreprises extérieures, à 25 % de son activité contre 19 % aujourd’hui. «C’est le taux le plus faible du marché», souligne l’entreprise. La Poste veut même réinternaliser une partie de son activité de tri et de distribution. Elle vise 11 % de colis sous-traités en 2027. «Outre les 500 emplois directs créés, ces investissements permettent de conforter l’emploi de milliers de postiers confrontés à la baisse du courrier», explique Philippe Dorge. La Poste peut ainsi mutualiser ses activités de distribution de lettres, de prospectus et de colis.



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