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Economie

La RATP teste un bus autonome en région parisienne


Sans conducteur, le véhicule roule depuis lundi sur la ligne 393. Il accueillera des passagers à l’automne 2022.

À première vue, c’est un bus comme tous les autres avec 18 places assises et une cinquantaine debout. Au volant, il y a bien un machiniste de la RATP. En réalité, ce n’est pas lui, le conducteur: le volant bouge tout seul, le freinage se fait automatiquement en fonction des feux de signalisation ou de la circulation. Une multitude de capteurs indiquent à l’ordinateur de bord quelles bonnes décisions prendre. L’agent n’est là que pour reprendre la main au cas où.

Bienvenue dans le premier bus autonome en France. Il circule depuis lundi en journée sur la ligne 393 à Sucy-Bonneuil, en région parisienne. Pour l’instant, pas question de faire monter des voyageurs. L’engin circule à vide, mais en conditions réelles, dans la circulation. «Si le ministère de la Transition écologique nous en donne l’autorisation, nous souhaiterions poursuivre l’expérimentation et transporter des passagers dans ce bus à partir de l’automne 2022», affirme Côme Berbain, directeur de l’innovation du groupe RATP.

La route sera longue

L’opérateur historique du transport urbain n’est pas en retard: dans le monde, le bus autonome n’a été testé qu’en Chine et à Malaga en Espagne. Si la RATP suit ce sujet de très près, c’est que cette technologie est promise à un bel avenir. Selon certaines projections, 13% des bus pourraient être autonomes à l’horizon 2035. Avec des gains substantiels: des économies d’énergie d’abord car le robot conduit avec moins d’à-coups qu’un humain. Mais aussi la possibilité de faire circuler plus de bus sur la même ligne, comme on le fait sur les lignes automatisées du métro parisien, notamment la 14.

La Régie a donc intérêt à prendre date: maîtriser l’exploitation de ces engins peut constituer un atout pour gagner à terme des appels d’offres en France, mais aussi à l’international. Mais la route sera longue avant qu’on monte fréquemment dans un bus de ce genre. «L’exploitation commerciale régulière débutera au plus tôt à l’horizon 2025 et son lancement dépend encore de beaucoup de paramètres», souligne Côme Berbain.

Fabricant chinois

Il reste des tas de problèmes à régler pour que le bus autonome soit complètement fiable. Ainsi, en faisant des essais de nuit sur la ligne 393 cet été, la RATP a dû revoir la réaction de ce moyen de transport collectif quand le feu passe au rouge ou à l’orange. Autre sujet de préoccupation: pour l’instant, il y a peu de fabricants de bus autonomes. Celui utilisé sur la ligne 393 est fabriqué par CRCC. L’industriel chinois est le seul à avoir répondu à l’appel à projet lancé il y a deux ans par le groupe public français.

Enfin, ce dossier comporte une dimension sociale: il faudra convaincre les machinistes que cette révolution technologique ne met pas fin à leur métier. «Il y aura toujours du personnel à bord, martèle Côme Berbain. Même s’il ne conduit plus, l’agent sera encore chargé de vendre des billets ou d’assurer la sécurité dans le bus.» Mais, avant même que tous ses problèmes soient réglés, la RATP compte bien faire profiter les bus classiques de cette expérimentation. Par exemple, en les équipant d’une caméra installée sur les bus autonomes qui permet de supprimer l’angle mort.



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