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Economie

La sécheresse «aura un impact» sur les récoltes de céréales, alerte le ministère de l’Agriculture


L’absence de pluie, si elle perdure, affectera aussi les cultures de printemps, comme le tournesol, la betterave et le maïs, souligne le ministère.

Le blé, en pleine croissance, manque d’eau et la chaleur promet de durer: la sécheresse qui frappe l’ensemble de la France aura «un impact sur la production des céréales», a prévenu lundi 9 mai le ministère de l’Agriculture. «Les cultures d’hiver, comme le blé ou l’orge, qui sont aujourd’hui en phase de développement, commencent à connaître des situations qui vont affecter les rendements», a-t-on indiqué à l’issue de réunions des ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique avec les agences de l’eau et les professionnels du monde agricole. «Il y aura un impact sur la production des céréales», a-t-on estimé à l’Agriculture, même s’il «est encore beaucoup trop tôt pour avoir une évaluation précise».

Dans la matinée, la FNSEA, syndicat agricole majoritaire, a dressé un constat alarmiste: «Aucune région n’est épargnée. Chaque jour qui passe, on voit des sols se craqueler. Hier, j’étais chez un agriculteur du Puy-de-Dôme, il arrose son blé. Si cela continue comme ça, ceux qui ont la possibilité d’irriguer vont s’en sortir, les autres auront des baisses de rendement dramatiques», a déclaré à l’AFP sa présidente, Christiane Lambert.

«Depuis octobre-novembre, il y a d’énormes sécheresses au Portugal et en Espagne, qui remontent en Occitanie et en Provence et le long de la vallée du Rhône. Ce qui est inhabituel en cette saison, c’est que la sècheresse touche le nord de la Loire», a-t-elle expliqué. Météo-France évoque «un épisode de chaleur» qui, sans être inédit, est «remarquable par sa précocité, sa durabilité et son étendue géographique».

«Période délicate»

«C’est une période délicate pour les céréales: le blé a atteint sa taille adulte, l’épi s’est développé et on est maintenant au stade du grossissement du grain», a expliqué Joël Limouzin, en charge des situations d’urgence à la FNSEA. Or, sans eau, l’engrais dont a besoin la plante pour produire un grain de qualité ne pourra monter dans la tige, «il restera dans le sol». Et les grains se flétriront, avec comme risque «une perte de rendement qui peut aller jusqu’à 40% si le temps reste sec pendant plusieurs semaines», met en garde M. Limouzin, qui s’inquiète notamment pour les grandes plaines céréalières de Beauce et de Bourgogne.

L’absence de pluie, si elle perdure, affectera aussi les cultures de printemps, comme le tournesol, la betterave et le maïs, souligne le ministère, qui évoque aussi la situation délicate des fourrages alors que les pousses d’herbes, qui étaient jusqu’à présent plutôt meilleures que d’habitude, ralentissent. Entre septembre et avril 2022, le déficit de précipitations est estimé à 19%, et le déficit de recharge des nappes phréatiques est de 20%, essentiellement dans le Grand-Est, dans le nord de la Nouvelle Aquitaine et l’ensemble du Sud-Est, a-t-on rapporté au ministère de la Transition écologique.

A l’issue des réunions de l’après-midi, les ministères ont annoncé que le guichet ouvert en avril pour aider les agriculteurs à faire face au changement climatique et initialement doté de 20 millions d’euros, allait être abondé «de 20 millions supplémentaires». Face au risque de sécheresse cet été, le gouvernement avait par ailleurs annoncé fin avril que les agences de l’eau pourraient dépenser 100 millions d’euros supplémentaires pour aider les filières agricoles à s’adapter ou créer des retenues d’eau – une mesure contestée par des associations écologiques et certains syndicats paysans.

Restrictions dans 15 départements

Actuellement, 15 départements sont déjà soumis à des restrictions qui vont de l’incitation à des économies d’eau (stade de vigilance) à l’interdiction d’arrosage des jardins ou des champs à certaines heures (alerte), pouvant aller jusqu’à la réduction de 50% des prélèvements d’eau à des fins agricoles ou à l’interdiction totale de prélèvements d’eau pour laver sa voiture ou arroser les espaces verts (alerte renforcée).

Ces mesures sont prises au fur et à mesure de l’évolution de la situation au niveau départemental par les préfets, dont le rôle a été renforcé pour faire aboutir plus vite les démarches de concertation locale. En France, 5% des surfaces agricoles sont irriguées, soit près de 1,4 million d’hectares. Le taux monte à 14% en Provence-Alpes-Côte d’Azur.



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