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Finance

La vente à découvert entre dans l’arsenal des gérants responsables



Publié le 15 juil. 2020 à 7h30

Et si la vente à découvert soutenait la transition écologique ? C’est la conviction de BNP Paribas AM, la filiale de gestion d’actifs de la première banque française, qui lance son fonds « Earth » ce mercredi. Comme la plupart des fonds intégrant des caractéristiques environnementales, sociales et promouvant une bonne gouvernance (ESG), il se donne pour objectif de dénicher les champions mondiaux de la transition écologique. Mais il compte également « shorter », c’est-à-dire parier sur une baisse de cours des entreprises les plus réticentes à améliorer leurs pratiques dans les secteurs de l’énergie, des matériaux, de l’alimentation et de l’industrie.

Outil utile pour la gestion responsable

La technique de la vente à découvert a une réputation sulfureuse en France. Elle est associée à la spéculation et aux travers de la finance. Mais elle apparaît de plus en plus comme un outil utile pour la gestion responsable. Le hedge fund MAN la conçoit d’ailleurs comme telle. Si les entreprises les plus engagées dans la transition écologique sont amenées à faire mieux que le marché, les retardataires doivent logiquement sous-performer. De plus en plus d’entreprises sont par ailleurs visées par des controverses qui pèsent sur leurs cours de Bourse. Depuis 2013, ce sont 600 milliards de dollars de capitalisation boursière qui ont ainsi été effacés, d’après les équipes de recherche de Bank of America.

« Les entreprises qui n’adoptent pas des pratiques écologiquement durables vont se retrouver avec de nombreux actifs exposés à une dépréciation et à des risques opérationnels plus importants », explique Ulrik Fugmann, cogérant du fonds avec Edward Lees. Le secteur pétrolier est en train de se confronter à cette réalité : le britannique BP a récemment annoncé une dépréciation de ses actifs comprise entre 13 et 17,5 milliards de dollars. Les gérants comptent engager le dialogue avec les entreprises ciblées afin de les aider à améliorer leurs pratiques. D’autre part, ils souhaitent parier à la baisse sur les entreprises bénéficiant de l’engouement pour les secteurs « verts » sans être particulièrement innovantes.

Les deux gérants, des anciens de Goldman Sachs, ont été recrutés l’an dernier par BNP Paribas AM pour développer sur cette stratégie. Le fonds débutera avec plus de 50 millions de dollars d’encours, en majorité issus du groupe BNP Paribas, avec un objectif de performance supérieur à 5 % par an et un niveau de risque élevé. Il comptera de 25 à 45 positions en portefeuille, dont environ 30 % de « shorts ». Il espère attirer en priorité des investisseurs institutionnels européens, comme des assureurs, des fonds de pension et des family office.



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