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Finance

L’aluminium bas carbone séduit, mais ne décolle pas



Publié le 22 sept. 2020 à 16:35Mis à jour le 22 sept. 2020 à 17:09

Le secteur de l’aluminium est engagé dans une course pour se mettre au vert. Ces derniers temps, les producteurs ont multiplié les marques dédiées pour mettre en avant leur métal présentant une faible empreinte carbone par rapport à la moyenne mondiale. Parmi eux le géant russe Rusal ou le Norvégien Norsk Hydro.

Alvance, la branche aluminium du géant britannique GFG Alliance, en a même fait son principal axe de développement en rachetant les fonderies faiblement émettrices de CO2 de Lochnaber, en Ecosse, et de Dunkerque en France. « Depuis presque un an, quasiment toutes mes discussions avec les patrons du secteur portent sur le marché du bas carbone », confie Michel Van Hoey, analyste chez Mckinsey.

Plusieurs facteurs sont à l’oeuvre selon lui : les préoccupations grandissantes des consommateurs en matière environnementale, l’action des régulateurs européens (taxonomie, discussions autour d’une taxe carbone…) ou encore l’exigence croissante des investisseurs sur les critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance).

Atout de la transition écologique

Léger, recyclable quasiment à l’infini, l’aluminium a effectivement le potentiel pour être un atout de la transition écologique, notamment pour les secteurs de l’automobile, de la construction ainsi que du packaging. Mais pour cela, les producteurs doivent absolument réduire l’empreinte carbone de la production de l’aluminium primaire (autrement dit non recyclé), particulièrement gourmande en électricité.

A l’heure actuelle, chaque tonne d’aluminium primaire produite entraîne l’émission d’environ 18 tonnes de CO2, selon la moyenne mondiale. C’est notamment dû à la production de la Chine – soit quasiment 60 % de la production mondiale – qui est pour l’essentiel basée sur des centrales à charbon. En Europe, les meilleurs élèves, autrement dit ceux utilisant des centrales hydrauliques, affichent une moyenne d’environ 4 tonnes. Et ces derniers comptent bien profiter de leur atout environnemental pour gagner de nouveaux clients.

Pas de prime

Sauf que pour le moment, les clients ne sont pas prêts à payer plus cher un aluminium plus vert. « A part dans les secteurs à forte marge, le marché n’offre pas encore de primes pour l’aluminium bas carbone », confirme l’analyste chez McKinsey. Mais les choses pourraient rapidement changer. Alvance vient d’ailleurs de décrocher un contrat avec Tyre-Line, une société britannique d’assemblage de pneus pour les caravanes. Son profil de producteur relativement peu carboné a joué un rôle déterminant.

« Les premiers critères sont forcément sécuritaires et réglementaires, mais en l’occurrence, cela a clairement fait la différence, reconnaît Edward Musson, l’un des dirigeants de l’entreprise. Dans le secteur du loisir, les consommateurs sont de plus en plus préoccupés par l’impact des produits qu’ils achètent. » Le groupe parie en outre sur une régulation prochaine de l’empreinte carbone des matériaux utilisés dans l’industrie automobile.

Accélération

Tout l’écosystème se prépare également au grand soir de l’aluminium vert. Le négociant en matières premières Trafigura vient d’annoncer, au début du mois, un partenariat avec les banques Natixis et Rabobank pour pouvoir payer une « prime » aux producteurs bas carbone moyennant des prêts préférentiels.

Quant au London Metal Exchange, il a annoncé le lancement, dès l’année prochaine, d’une plateforme d’échanges dédiée à l’aluminium bas carbone. « Le premier pas vers un actif clairement identifié comme bas carbone », souligne Michel Van Hoey. Les analystes de Citigroup estiment que l’aluminium vert pourrait régionalement tirer les prix vers le haut de 10 % d’ici trois à quatre ans.



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