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Economie

L’Assemblée nationale adopte le projet de budget 2022 en première lecture


Avec 348 voix pour et 205 contre, les députés ont acté ce dernier budget du quinquennat.

Plan pour Marseille, investissements France 2030 ou contrat d’engagement jeune: l’Assemblée nationale a adopté mardi en première lecture l’ensemble du projet de budget 2022, complété au fil des débats et des annonces présidentielles, et jugé «électoraliste» par les oppositions.

Les députés ont voté ce dernier budget du quinquennat par 348 voix contre 205, grâce au soutien des élus de la majorité. Droite et gauche se sont prononcées contre. Le projet de loi de finances est attendu jeudi devant le Sénat, dominé par la droite, qui pourrait en écourter l’examen, afin d’afficher son opposition au texte. L’Assemblée aura le dernier mot pour une adoption définitive avant Noël.

3,5 milliards d’euros pour 2022

Après le «quoi qu’il en coûte» durant la crise sanitaire, le gouvernement défend un budget de «normalisation» et d’investissements pour «accompagner la reprise». Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire loue la croissance retrouvée, 6,25% prévus en 2021 et 4% en 2022, et la baisse du chômage. «Nous passons de la relance à la France de 2030», s’est réjouie la députée LREM Cendra Motin.

À droite, Véronique Louwagie (LR) a fustigé une «flambée des dépenses électoralistes», «totalement irresponsable», à cinq mois de la présidentielle. À gauche, la socialiste Christine Pires Beaune a pointé un «record» de «149 amendements du gouvernement pour compléter les trous» d’un budget aux allures de «parcours de golf». Entre la présentation du projet de budget et la fin de son examen en première lecture au Palais Bourbon, 11,8 milliards de dépenses supplémentaires ont été ajoutées, portant la prévision de déficit à 5% du PIB en 2022, avec un solde négatif de 155 milliards d’euros.

La méthode a souvent hérissé l’opposition, tout particulièrement l’adoption relativement rapide de «l’amendement le plus cher de la Ve République» (Valérie Rabault, PS). Il s’agit d’une promesse de 34 milliards d’euros afin de décliner en plusieurs années le plan d’investissements France 2030 annoncé par Emmanuel Macron pour «réindustrialiser» le pays et «décarboner» l’économie. En 2022, la première tranche de ce plan représente 3,5 milliards d’euros seulement, mais l’opposition voit dans la mesure le symbole d’un budget de campagne, alors qu’Emmanuel Macron n’est pas encore officiellement candidat.

«Recyclage»

«Ce qui est historique, c’est que sur du moyen terme, du long terme, on a acté que la France allait investir 34 milliards d’euros sur des filières d’avenir comme le nucléaire ou l’avion bas carbone», revendique le rapporteur général du budget Laurent Saint-Martin (LREM). Autre ajout, quelque 550 millions pour le «contrat d’engagement jeune» présenté par le président de la République le 2 novembre.

Le dispositif proposera aux jeunes de moins de 25 ans les plus éloignés de l’emploi et des études une allocation pouvant aller jusqu’à 500 euros par mois en échange de 15 à 20 heures de formation et d’accompagnement. Il doit viser «au moins 400.000 jeunes en 2022». L’opposition de gauche, qui plaidait pour une extension du RSA aux 18-24 ans, juge la disposition «tardive» et «insuffisante». Cela «recycle des mesures existantes», critique l’insoumis Eric Coquerel qui fustige «un bilan pitoyable pour la justice sociale et fiscale».

Face à la flambée des prix de l’énergie, l’Assemblée nationale a en outre validé le «bouclier tarifaire» du gouvernement: gel des tarifs réglementés du gaz et limitation à 4% du tarif réglementé de l’électricité. L’indemnité inflation de 100 euros figure pour sa part dans le budget rectifié pour 2021. Le gouvernement a encore complété ce PLF 2022 par son plan pour Marseille, dont 30 millions de subventions et 100 millions d’avances remboursables dès 2022 pour les transports.

Ou par des mesures pour les harkis, avec une première tranche de 50 millions d’euros dès 2022 pour concrétiser le projet de loi de «réparation» promis à ces Algériens ayant combattu aux côtés de l’armée française durant la guerre d’Algérie. Côté dépenses ministérielles, le gouvernement assume des hausses pour le régalien (Armées, Intérieur, Justice), grand gagnant de ce cru 2022.

Le Haut Conseil des finances publiques (HCFP) regrette un effort de désendettement insuffisant. À Bercy, on laisse entendre qu’une croissance supérieure aux attentes en 2021 pourrait permettre d’engranger de «3 à 5 milliards d’euros» de recettes supplémentaires, destinées à réduire le déficit et la dette.

À VOIR AUSSI – Budget 2022: vers toujours plus de dette et de déficit ?



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