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Finance

L’assurance, cette autre arme financière pour affaiblir la Russie



C’est un levier financier que les Européens pourraient très rapidement utiliser davantage pour mettre la Russie sous pression. Les Etats membres de l’Union envisagent de cibler l’assurance pour rendre les sanctions contre la Russie encore plus contraignantes, alors que Moscou semble toujours aussi déterminé à poursuivre son offensive en Ukraine.

Dans le cadre du sixième paquet de sanctions , âprement débattu ces derniers jours, les Européens envisagent d’empêcher l’assurance des navires transportant du pétrole russe. Discutée en complément d’un éventuel embargo européen sur les importations d’or noir russe, cette mesure vise à compliquer les exportations de pétrole russe vers d’autres destinations et notamment vers l’Asie.

Alors que les négociations sur l’embargo sur le pétrole se heurtent déjà aux réticences de la Hongrie ou de la Slovaquie , un tel tour de vis sur l’assurance n’est pas facile à faire accepter par tous les pays européens. En particulier par la Grèce, Chypre et Malte qui abritent des armateurs, susceptibles d’avoir des contrats avec des pétroliers en Russie.

L’assurance pourrait néanmoins être un levier puissant. « Cela serait un obstacle très important pour l’export de pétrole Russe », a réagi Lars Barstad, directeur de Frontline, spécialiste du transport de pétrole brut et produits raffinés, dans le « Wall Street Journal ».

Flambée des prix de l’assurance

Pour se couvrir contre les dommages matériels aux navires, les armateurs peuvent faire appel au marché de Londres ou aux grands assureurs internationaux comme AXA XL. Pour se protéger en responsabilité civile, par exemple en cas de pollution due à une fuite de pétrole, les armateurs sont par ailleurs membres de mutuelles, connues sous le nom de « P & I Clubs » qui partagent les pertes en cas de sinistres importants.

Pour encaisser les accidents les plus graves, ces « clubs » s’appuient sur une large palette de réassureurs. Les réassureurs européens faisant partie des acteurs incontournables du marché, il risque d’être difficile pour les transporteurs de pétrole russe de trouver des assurances qui ne seraient pas touchées par les sanctions, si celles-ci se confirment.

Reste à savoir si d’autres assureurs pourraient s’engouffrer dans la brèche ou si des cargos peuvent tout simplement se passer d’assurance.

Les acteurs du transport maritime actifs dans les eaux russes ou en Mer Noire font déjà face à une flambée des prix de l’ assurance contre les risques de guerre . Par ailleurs, du fait des sanctions, « les assureurs peuvent être en incapacité de verser de l’argent aux ports, en particulier ceux qui sont en partie détenus par l’Etat [russe] », note le courtier Marsh. Compte-tenu de la nécessité d’avoir des couvertures contre les dommages produits par les navires dans les ports, « cela peut conduire à une mise à l’arrêt de navires ».

L’assurance déjà dans les sanctions sur l’aérien

L’assurance est un levier sur lequel se sont déjà appuyés les Occidentaux pour affaiblir la Russie. Dans le cadre des sanctions visant le secteur aérien russe, l’Union européenne a ainsi déjà décidé d’interdire de fournir des services d’assurance et de réassurance en lien avec l’aviation « à toute personne, toute entité ou tout organisme en Russie ».

De son côté, Moscou a interdit aux assureurs russes de travailler avec des assureurs, des réassureurs ou des courtiers de pays considérés comme « hostiles ». De quoi complexifier encore plus la donne pour les entreprises occidentales qui ont décidé de maintenir leurs activités sur le sol russe.

Face aux tirs croisés de sanctions, les assureurs internationaux sont en tous les cas incités à faire preuve d’une grande circonspection dès qu’une couverture a un lien avec la Russie. Des géants du secteur comme Allianz ou AXA ont indiqué dès le mois de mars qu’ils ne souscrivaient plus de nouvelles affaires dans ce pays.



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