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Finance

Lazard prend la tête du M&A en France post-crise


Publié le 1 juil. 2021 à 6:00

Le contraste est saisissant. Les banques d’investissement témoignent d’un niveau d’activité sans précédent dans le monde. Mais en France, la reprise post-Covid est poussive et les grandes manoeuvres se font attendre.

Depuis janvier, 65,5 milliards de dollars de deals ont été signés en France. Un niveau, en dehors du trou d’air 2020, en deçà de tous les premiers semestres de 2016 à 2019, selon Refinitiv.

Dans cet environnement, Lazard, JP Morgan et Rothschild se sont imposés (quinzième, septième et deuxième en 2020), avec 27 à 16,7 milliards de transactions conseillées, telles que la cession par Altice de ses tours télécoms (6,2 milliards).

La dynamique des émissions actions, obligataires et de financement n’est pas meilleure : le volume de commissions – classement que domine toujours BNP Paribas – est identique voire inférieur à tous les autres débuts d’année depuis cinq ans. Et ce malgré la cascade d’ annonces d’introductions en Bourse .

Record de commissions versées dans le monde

Ailleurs, pourtant, la sortie de crise est spectaculaire. Quelque 2.800 milliards de dollars de fusions-acquisitions ont été conclues, un record depuis la fin des années quatre-vingt-dix dans le monde, dont 556 milliards en Europe (+33 %). 

« Le marché européen est extrêmement actif. C’est flagrant, tant en termes de deals annoncés que de pipeline de transactions à venir. Dans ce contexte, il est d’autant plus important de faire preuve de sélectivité », déclare George Holst, responsable des grands clients entreprises de BNP Paribas. 

Jamais non plus les autres activités des banques d’investissement n’ont vu leurs compteurs s’affoler autant depuis les années 2000 : quelque 77 milliards de dollars de commissions leur ont été versées dans le monde.

« S’il n’a pas crû autant qu’ailleurs dans le monde, le marché français est marqué par sa résilience, avec un volant de deals de capital-investissement important et des grandes entreprises qui accélèrent leurs arbitrages. Le dialogue stratégique est intense », témoigne Pierre Drevillon, responsable de la banque d’investissement France de Citi.

Une question de mois

« On observe aujourd’hui une activité extrêmement soutenue, notamment de la part de groupes industriels qui, en plus des arbitrages habituels de leurs portefeuilles d’activités, sont également à l’offensive sur des transactions de tailles moyennes à très significatives », souligne Cyril de Mont-Marin, associé-gérant de Rothschild.

Un cap motivé par la volonté d’accélérer leur transition numérique et environnementale, ajoute Guillaume Molinier, managing director chez Lazard.

Ce ne serait donc plus qu’une question de mois avant une reprise plus franche. A la rentrée se déclenchera la transaction la plus attendue en France, le premier tour d’enchères pour la vente des activités de services d’Engie , valorisées entre 4 et 6 milliards d’euros. Une opération qui sera orchestrée par BNP Paribas, Citi et Credit Suisse.

Transition numérique

« Les industriels ont une gestion plus active de leur portefeuille en cédant certains actifs. Ils peuvent étudier par ailleurs le lancement de SPAC comme un autre levier d’acquisitions, sur des segments adjacents à leur coeur de métier, plus technologiques par exemple, sans diluer leur « equity story » en Bourse », note Augustin d’Angerville, responsable M&A France de JP Morgan. En témoigne, celui d’Accor . 

« Ce mouvement est alimenté par la pression croissante des activistes ou même des investisseurs qui remettent en question les stratégies post-crise sanitaire des corporates », ajoute Maja Torun, responsable de la banque d’investissement en France.

Ainsi certains, comme Pierre Hudry qui dirige Goldman Sachs France, considèrent que la seconde partie de l’année sera très active. Cela étant, « des facteurs de risques tels que l’inflation, les risques géopolitiques et les variants du Covid n’ont pas disparu des agendas et imposent une certaine sélectivité », note Guillaume Molinier.



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