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Economie

le bracelet est-il une bonne option ?


DÉCRYPTAGE – Certains bars et restaurants voient dans ce dispositif un moyen d’éviter de multiplier les contrôles. Mis en place par certains établissements, il ne constitue toutefois pas une alternative au passe sanitaire.

Le contrôle du passe sanitaire est décidément bien contraignant pour les restaurateurs. Craignant de voir leur clientèle décliner, certains établissements ont tenté de trouver une solution pour fluidifier ces contrôles grâce à un bracelet. Mais le dispositif n’a pas connu que des succès.

Il s’agit d’un bracelet en papier se fermant par un adhésif, similaire à celui utilisé dans les festivals, et qui ne peut être enlevé sans être coupé. Il ne peut donc pas être ni réutilisé ni échangé. Il est distribué après vérification du passe sanitaire. Plusieurs initiatives ont été lancées depuis l’extension du passe sanitaire aux bars et restaurants le 9 août dernier, comme dans le Nord où le groupement des commerçants de Lille a distribué plus de 20.000 bracelets à une quinzaine d’établissements. Ouvert à tous, le dispositif intéresse particulièrement les restaurants et bars car la vérification du passe sanitaire peut se révéler dans certains cas bien fastidieuse notamment sur les terrasses où les clients s’assoient parfois sans avoir pris le temps qu’un employé vérifie leur sésame. Difficile alors pour l’établissement de savoir s’il a bien contrôlé tous les personnes présentes. De même lorsqu’un client sort puis rentre dans l’établissement.

«Une aide dans le contrôle du passe sanitaire»

«C’est une aide dans le contrôle du passe sanitaire», résume Geneviève Dubuisson, présidente du groupement des commerçants de Lille (GCL) qui a déjà distribué 20.000 bracelets à une quinzaine d’établissements dans la ville. «Il y a une dizaine de couleurs et chacune doit correspondre à un jour de la semaine. De cette manière, un client ne peut pas revenir le lendemain avec le même bracelet et entrer sans contrôle de son passe», explique-t-elle. Sur le bracelet, on trouve également le nom de l’établissement, celui du GCL et deux QR code renvoyant l’un à la carte ou le site du lieu, l’autre au site du groupement. Une précaution qui a pour but d’éviter les copies.

Les bracelets distribués à une quinzaine d’établissements par le groupement des commerces de Lille. GCL

«Mais ce n’est en aucun cas un sésame pour changer d’endroit sans contrôle», insiste Geneviève Dubuisson. «Tant que le client reste dans l’établissement il ne sera plus contrôlé le jour même qu’il sorte ou qu’il rentre. Mais s’il se rend ailleurs, il devra à nouveau montrer son passe sanitaire», ajoute-t-elle, rappelant qu’il ne s’agit là que d’une «facilité» mais que chaque établissement est responsable du contrôle du passe. De son côté, la préfecture du Nord indique que ces bracelets «ne sont évidemment pas interdits». «Si une personne morale souhaite utiliser ces “bracelets”, elle en a toute latitude», précise-t-elle. Elle tient néanmoins à «alerter les commerçants et organisateurs d’événements sur le bon usage de ces bracelets», ajoutant qu’«aucun bracelet n’a vocation à remplacer le passe sanitaire, qui est seul obligatoire et ce pour accéder à chaque établissement».

À VOIR AUSSI – Covid-19: la Gironde expérimente un passe sanitaire sous forme de «bracelet» pour faire gagner du temps aux restaurateurs

Un dispositif pas assez clair en Gironde

Si la préfecture du Nord a validé le dispositif, celle de Gironde a fait marche arrière 24 heures après avoir présenté ce même type de bracelet. Ce dernier, lancé par l’Union des métiers et des industries de l’Hôtellerie (Umih) – 33 était distribué aux clients apportant la preuve d’un schéma vaccinal complet et de leur identité et non à tous ceux présentant leur passe sanitaire (schéma vaccinal complet ou dépistage négatif datant de moins de 72 heures). Il permettait ainsi «d’accéder à l’établissement sans se faire contrôler à nouveau», a détaillé l’Umih auprès de l’AFP. «La police continuera à contrôler le passe et non le bracelet. On jugera : si ça marche, tant mieux, si ça ne marche pas, on arrête tout. On a la manette», avait assuré Martin Guespereau, préfet délégué pour la défense et la sécurité.

La décision fut prise plus vite que prévu: dès le lendemain, l’Umih annonçait que le dispositif était «suspendu» afin de «clarifier les contours de l’opération». «Les conditions de sérénité autour de l’expérimentation lancée par l’UMIH de la Gironde ne sont pas réunies», a confirmé la préfecture. L’idée n’est pas abandonnée pour autant et des réflexions à ce sujet allaient continuer d’être menées, assure Laurent Tournier, président de l’Umih départementale. «C’est une très bonne chose mais il faut que ça soit bien encadré juridiquement», conclut-il.

La SNCF, qui doit, elle aussi, contrôler le passe des voyageurs pour des longs trajets a mis en place un dispositif similaire dès le 9 août. Le service ferroviaire propose en effet aux voyageurs qui le souhaitent un système de «prévérification». Ils peuvent ainsi faire contrôler leur passe par des agents en gare avant de monter à bord du train. En échange d’un passe valide, ils se voient accrocher autour du poignet un bracelet bleu qui leur permet «de passer les portes d’embarquement en scannant uniquement leur billet», indique la SNCF dans un communiqué. Un gain de temps pour le service ferroviaire comme pour les voyageurs, une «facilité» pour les exploitants des restaurants et bars qui l’expérimentent et leurs clients mais qui demeure toutefois limité, le passe sanitaire restant la seule preuve valable.


À VOIR AUSSI – Restaurants, musées, bowling… comment s’applique le «passe sanitaire» à New York



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