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Finance

Le démarrage poussif des prêts participatifs contraint Bercy et les banques à ajuster le tir


Publié le 8 juil. 2021 à 6:43

Ils avaient été présentés en grande pompe par Bercy et mis en avant dans tous les réseaux bancaires dès le mois de mai. Deux mois plus tard, force est de constater que les prêts participatifs relance (PPR) démarrent lentement, très lentement. Et c’est à se demander s’ils atteindront un jour leur rythme de croisière.

Selon plusieurs sources, entre 30 millions et 100 millions d’euros de PPR ont été jusqu’ici accordés par les banques à des entreprises pour les aider à investir dans l’après-crise. Des chiffres très faibles rapportés aux moyens déployés : les assureurs se sont en effet engagés à ce jour à financer le dispositif à hauteur de 11 milliards d’euros , avec une garantie de l’Etat de 30 %.

Une deuxième levée de fonds de 3 milliards était initialement prévue ; elle pourrait finalement ne pas avoir lieu. « Ca ne sert à rien. Commençons déjà par saturer les enveloppes prévues à la base », confie un assureur.

Une nouvelle fiche pédagogique

« La situation financière des entreprises est en moyenne meilleure que l’estimation qui avait été faite, confirme-t-on du côté de Bercy, sans avancer de chiffres. On a des situations de trésorerie favorables qui font que les entreprises ne sont sans doute pas dans une demande pressante de financement. »

« Quand on a élaboré les PPR, il y avait des craintes sur la santé des entreprises. Mais elles ont des moyens plus élevés qu’on le pensait. La bonne nouvelle, c’est que la relance peut se faire même sans recours aux PPR », reconnaît Maya Atig, ​la directrice générale de la Fédération bancaire française (FBF), qui précise néanmoins que de nombreux projets sont dans les tuyaux.

La situation pousse les pouvoirs publics à ajuster le tir. Selon nos informations, une fiche pédagogique de type « Foire Aux Questions (FAQ) » doit être publiée par Bercy la semaine prochaine. Depuis son lancement, le PPR suscite en effet la confusion chez les chefs d’entreprise.

De la dette, in fine

D’une durée de huit ans, avec un différé d’amortissement de quatre ans, ce prêt, avec des taux d’intérêt compris entre 4 % et 5 % , avait été présenté à la base comme un instrument de quasi-fonds propres, avec l’idée qu’il servirait aussi à renforcer la structure financière de l’entreprise. D’un point de vue comptable, il n’en reste pas moins une dette, ce qui peut créer des réticences.

« C’est un produit hybride qui a été mal positionné. Et les entreprises ont du mal à y voir clair », regrette Germain Simoneau, président de la commission de financement à la CPME. « Beaucoup pensent qu’il s’agit d’un instrument en fonds propres, et non d’un outil de dette », ajoute un professionnel de l’investissement qui gère des PPR.

Moins de bureaucratie

La FAQ devrait donc repréciser la nature du PPR, qui s’analyse effectivement comme de la dette au niveau comptable. ​Pour (re) lancer la machine, Bercy, les banques et les investisseurs ont également prévu de simplifier le processus d’octroi.

Les documentations jusqu’ici exigées pour monter un dossier de PPR pourraient notamment être allégées. « Certaines demandes de documentation peuvent apparaître superflues. Cela rend le processus parfois un peu plus bureaucratique que ce qu’il ne devrait être », précise Bercy.

Le lent démarrage du PPR est par ailleurs lié à une donnée financière très simple : « Il y a déjà beaucoup de liquidités sur le marché, donc les entreprises n’ont pas besoin du produit », glisse un gérant. Les entreprises ne peinent pas à financer leurs investissements , que ce soit via un prêt bancaire classique ou à l’aide d’un prêt garanti par l’Etat (PGE) : avec 139 milliards d’euros prêtés depuis l’an dernier, le PGE couvre bien des besoins.

« Le PPR a de la valeur car il répond à des besoins particuliers. Mais il s’inscrit dans une gamme plus large de produits de financement, et il ne s’agit pas forcément de le pousser plus qu’un autre », explique Benoite Armand-Pieyre, directrice du marché entreprises, associations et collectivités chez Société Générale.

« Ce prêt s’adresse plutôt à des grosses PME et ETI avec un certain degré de maturité sur la construction d’un plan de financement », relève Thierry Laborde, directeur général délégué de BNP Paribas. Le groupe estime avoir un « carnet de commandes » de 260 millions d’euros de PPR à traiter.



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