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Finance

Le gendarme boursier tire les leçons d’une année 2020 hors norme



Publié le 15 avr. 2021 à 13:59Mis à jour le 15 avr. 2021 à 14:00

2020 aura été une année de grande tension pour le gendarme des marchés, qui a présenté, ce jeudi matin, son rapport annuel sur l’exercice écoulé. Robert Ophèle, son président, a rappelé avoir été mobilisé pour réagir dans l’urgence à des situations inédites. C’est ainsi que le régulateur a interdit, entre avril et mai, dans le cadre des ventes à découvert , la constitution de nouvelles positions courtes nettes ou a imposé à certains fonds français de la société de gestion britannique H2O, de suspendre les souscriptions et rachats de parts . Ces situations ont mis en évidence la nécessité de revisiter en profondeur plusieurs sujets, explique l’Autorité des marchés financiers (AMF). 

Vote en direct aux AG

D’abord, les assemblées générales. En 2021, elles doivent encore se tenir à huis clos, comme en 2020. Si les actionnaires peuvent désormais les suivre à distance et en temps réel, ils ne peuvent, en revanche, voter en direct. Tout n’est pas encore parfait mais les entreprises s’adaptent et l’AMF espère que des progrès décisifs seront réalisés… pour les AG 2022. Pour l’heure cette année, Amundi est le seul groupe à proposer à ses actionnaires, en mai prochain, un vote en direct, et en même temps à distance . Une première en France.

Ensuite, la finance durable. Le régulateur a voulu couper court au verdissement de façade (greenwashing) des instruments financiers . Il a contribué à la réflexion européenne pour encadrer les fournisseurs de notation et de données extra-financières et posé les jalons d’une certification AMF des connaissances en matière de finance durable. Mais « nous sommes encore loin du but », a indiqué Robert Ophèle. L’information non financière demandée aux entreprises doit se normaliser. L’Europe avance pour construire des standards qui pourraient servir de références communes, mais elle se heurte à des institutions internationales qui veulent imposer leurs propres règles. 

L’après-Brexit se dessine trop lentement

Quant au paysage de l’après-Brexit, il se dessine trop lentement, au goût de l’AMF. Une bonne partie des transactions sur actions réalisées au Royaume-Uni ont été relocalisées en Europe, mais celles sur dérivés sont parties en majorité aux Etats-Unis. L’Union des marchés de capitaux (UMC) n’a que très peu avancé et les approches nationales priment encore très largement. 

Enfin, Robert Ophèle a tiré la sonnette d’alarme sur le manque de moyens dont dispose l’AMF pour mener à bien ses missions. La charge de travail a fortement augmenté en 2020. Le nombre de communiqués émis par des entreprises et revus par le régulateur a crû de 80 % ; les réunions du collège, de 40 %. La filière répressive est sous pression. Les enquêteurs voient leurs pouvoirs se réduire ; les recours intentés contre l’AMF ou sa commission contre les sanctions ne cessent d’augmenter. Ce manque de moyens conduit malheureusement à réduire la participation du régulateur aux groupes internationaux et à limiter son ambition, alors même qu’elle aurait souhaité contribuer activement à la présidence française de l’Union à partir de 2022. 



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