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Finance

Le gouvernement appelle à « accélérer » sur l’Europe des paiements



Publié le 11 oct. 2021 à 18:33Mis à jour le 11 oct. 2021 à 18:44

Le ministre de la Transition numérique, Cédric O, a tiré la sonnette d’alarme ce lundi sur l’initiative européenne des paiements (EPI). S’il a salué l’engagement des acteurs français sur ce projet qui doit assurer à l’Europe une forme de souveraineté dans le domaine des paiements, il a en revanche tancé nos voisins européens.

« Il ne me semble pas que la mobilisation soit totalement à la hauteur dans les pays partenaires, a déclaré le ministre en ouverture d’une journée de discussions autour des fintechs, à la Banque de France. Je ne pourrais qu’inciter à la fois la Banque centrale européenne (BCE), mais aussi nos partenaires à accélérer. »

Cette déclaration souligne un enjeu clé : le succès du projet EPI dépend en grande partie de sa date de lancement. Plus elle sera tardive, moins cette solution de paiement paneuropéenne aura de chance d’être adoptée par le plus grand nombre et donc de jouer le rôle qui lui incombe.

Calendrier serré

EPI est en effet une initiative du secteur financier européen qui regroupe aujourd’hui une quarantaine d’acteurs, des principales banques du Vieux Continent aux spécialistes du paiement en passant par un certain nombre de fintechs.

L’objectif de cette initiative est de permettre à l’Europe de retrouver son indépendance en matière de paiements alors que les géants américains comme Visa et Mastercard se sont imposés dans le quotidien des Européens, notamment sur les cartes de paiement.

Mais le défi d’EPI est double : d’un côté, il doit unifier les réseaux de paiement par carte (schémas) des différents pays membres au sein d’un seul système – autrement dit faire ce que Visa et Mastercard sont parvenus à faire en se rendant utilisables dans la plupart des pays du monde – ; de l’autre, il lui faut répondre aux nouveaux usages digitaux qui se développent en matière de paiement.

Deux ans pour réussir

« Nous avons deux ans pour faire ce que Visa et Mastercard ont fait en plus de dix, dit l’un des membres actifs d’EPI. A défaut, d’autres solutions technologiques s’imposeront dans le quotidien des Européens et elles ne seront pas issues des acteurs européens. »

Comme l’a souligné le ministre, les banques françaises sont en pointe sur la question et font partie de la vingtaine d’acteurs initiaux. « Ce n’est pas simple, comme souvent en Europe, car chacun défend ses intérêts, a récemment reconnu Laurent Mignon, le patron du groupe BPCE, dans une interview aux « Echos ». Mais je suis optimiste et l’enjeu est tel que l’intérêt collectif finira par l’emporter. »



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