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Finance

Le patrimoine financier des ménages immunisé face à la crise



Publié le 23 sept. 2020 à 12:30

Le patrimoine financier des ménages n’a pas eu besoin de vaccin pour être immunisé contre le covid-19. La crise sanitaire a eu beau plonger l’économie mondiale dans sa pire récession depuis un siècle, les actifs financiers mondiaux des ménages devraient tout de même « légèrement progresser de 1,5 % à la fin du deuxième trimestre 2020 », révèle Allianz, qui publie ce mercredi son rapport annuel sur la richesse mondiale.

Certes, la part de patrimoine financier des ménages – une notion qui mêle les dépôts bancaires, l’épargne retraite et la Bourse – investie en titres boursiers est encore en baisse de 1,5 % à la fin du deuxième trimestre, malgré le rebond spectaculaire des marchés. Cependant, cette hausse globale s’explique principalement par les dépôts bancaires qui ont bondi de 7 % depuis la fin de l’année 2019, note l’assureur.

« Cela a été rendu possible par les généreux régimes de soutien public qui ont amorti le coup porté aux revenus et par le confinement qui a littéralement privé les ménages de la possibilité de consommer comme d’habitude, expliquent les auteurs du rapport. Les niveaux d’incertitude sans précédent ont fait le reste pour convaincre les ménages de privilégier l’accumulation d’épargne. »

En France, les chiffres du livret A publiés mardi montrent que la tendance se prolonge avec une collecte nette du mois d’août de 2,25 milliards d’euros, contre 1,71 milliard en août 2019, alors même que le taux de rémunération a baissé en début d’année.

Problème d’accès au patrimoine

Mais selon Ludovic Subran, directeur de la recherche économique du groupe Allianz, cette résilience pourrait en réalité devenir un problème. « Si avec une telle crise on observe si peu de mouvement de patrimoine au sein des populations, il va y avoir un problème d’accès au patrimoine pour les jeunes », relève-t-il.

Selon lui, si la politique monétaire a effectivement immunisé les actifs financiers contre le covid-19, les taux d’intérêt nuls et négatifs « sapent l’accumulation des richesses et aggravent les inégalités sociales, ceux qui possèdent des actifs pouvant profiter d’incroyables effets d’aubaine. »

Rapport au risque

Dans le détail, ce sont les Chinois qui s’en sont le mieux sortis au premier semestre de l’année, note le rapport, avec une hausse de 7 % de leur patrimoine financier. Par comparaison, les ménages américains n’ont enregistré une hausse de leur patrimoine « que » de 1,4 %. De leur côté, ceux de la zone euro sont « au moins parvenus à éviter une perte de richesse ». Ainsi, le patrimoine financier des Français n’a reculé que de 0,2 % sur la première moitié de l’année.

Cette forte différence de résilience face au virus s’explique principalement par la nature même des patrimoines qui diffèrent d’un pays à l’autre. Aux Etats-Unis, la culture de l’investissement en Bourse étant plus forte, les ménages ont pu bénéficier du spectaculaire rebond des marchés entamé dès la fin du mois d’avril, alors qu’en Europe, à l’exception de la Hollande, les ménages ont privilégié les dépôts bancaires et l’assurance-vie.

« Aux Etats Unis, cette spécificité s’est encore renforcée par ce que l’on appelle ‘la génération Robinhood’ ( une application de trading qui a séduit les particuliers pendant le confinement, NDLR) qui a massivement investi les marchés financiers pendant le confinement, souligne Ludovic Subran. Quelque 1.300 milliards de dollars ont été retirés des marchés par les fonds institutionnels. Mais cette somme a été comblée par les particuliers. Le phénomène commence seulement en Europe. »



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