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Economie

Le patronat accepte une négociation sur le télétravail


«Le patronat est finalement revenu à la raison!», estiment certains. Ce mardi, le Medef, l’U2P et la CPME ont en effet accepté d’ouvrir une négociation sur le télétravail, alors qu’ils y étaient opposés jusqu’alors. «Une véritable avancée» dont s’est félicitée la ministre du Travail, Élisabeth Borne, qui considère qu’«un accord permettra de répondre à une attente sociétale forte».

Le télétravail, encadré dans l’entreprise par un accord collectif ou une charte, s’est développé ces dernières années. Plus de 500 accords ont été signés, de nombreux autres sont en cours de ratification. En 2019, 30% des salariés du privé pratiquaient le télétravail alors qu’ils n’étaient que 25 % deux ans plus tôt, selon une étude de Malakoff Humanis.

Avec la crise sanitaire et le confinement, le télétravail a explosé jusqu’à devenir la norme. En avril dernier, un actif sur cinq (20%) l’avait exercé à temps plein. Et les collaborateurs y ont pris goût: en mai, ils étaient 73 % à souhaiter sa poursuite de manière régulière ou ponctuelle. Les salariés estiment en effet que le télétravail leur permet une meilleure conciliation entre vie personnelle et vie professionnelle, améliore leur productivité, et leur apporte une plus grande autonomie. Pour les syndicats, cet engouement doit se traduire par un meilleur encadrement de la pratique du télétravail.

L’accord potentiel ne devait être ni normatif ni prescriptif

­Hubert Mongon, le négociateur du Medef

Message reçu, donc, par le patronat qui, depuis juin, a organisé avec les organisations syndicales plusieurs réunions de concertation pour aboutir à un diagnostic partagé sur le sujet. Couché sur un document d’une dizaine de pages, il a reçu l’avis favorable de la CFDT, de la CFE-CGC et de FO. La CGT s’est, pour sa part, abstenue de toute contribution lors de ce dernier rendez-vous. Quant à la CFTC, elle avait déjà jeté l’éponge le 11 septembre, dans l’attente de l’ouverture d’une négociation.

C’est désormais chose faite. Le patronat reconnaît que «pour répondre aux aspirations des salariés, et afin qu’ils s’y retrouvent», il y a une logique à rassembler dans un document de synthèse les textes sur le sujet relevant des accords de 2005, de la loi de 2012 et des ordonnances de 2017.

Deux prochaines réunions en novembre

Il a toutefois indiqué que «l’accord potentiel ne devait être ni normatif ni prescriptif», a insisté Hubert Mongon, le négociateur du Medef. En clair, si le patronat est prêt à aller plus loin, il ne veut pas pour autant de textes trop rigides ni de dépenses trop coûteuses pour les entreprises. L’objectif, dit-il, «n’est pas de revenir sur le droit positif, mais de rappeler certains grands principes», comme le double volontariat ou la réversibilité, qui figurent déjà dans le code du travail. Au-delà, les négociations porteront aussi sur l’anticipation de la mise en œuvre du télétravail, la diversité des lieux de travail, les enjeux de management avec la formation des managers, l’accompagnement des salariés, l’intégration des nouveaux collaborateurs. Des sujets plus sensibles, comme son organisation matérielle, et les frais professionnels engagés par les salariés à la charge de l’employeur, ainsi que l’isolement du salarié, seront également examinés.

Si les Français apprécient la souplesse du télétravail, ils en voient aussi les limites, au premier rang desquelles la séparation difficile entre vie personnelle et vie professionnelle pour 57% des télétravailleurs, ou encore la difficulté de cohésion d’équipe et d’échanges (57%).

Reste que se pose aussi la question de savoir comment les médecins du travail pourront apprécier les conditions de travail des employés, contrôler leur santé et leur sécurité. «Comment détecter les signaux faibles chez un salarié? Le télétravail peut rendre le burn-out encore plus dissimulable», pointe Me Nicolas Mancret, du cabinet Jeantet.

Deux prochaines réunions ont déjà été fixées aux 3 et 23 novembre. La CFTC a fait savoir qu’elle déciderait de sa participation en instance confédérale ce mercredi. Tous les autres ont d’ores et déjà confirmé leur présence.



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