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Finance

Le plus grand fonds souverain d’Abou Dabi face aux bouleversements structurels du Covid



Publié le 14 sept. 2021 à 12:08Mis à jour le 14 sept. 2021 à 12:27

Abou Dabi Investment Authority (Adia), le principal fonds souverain d’Abou Dabi mais aussi de l’ensemble des Emirats Arabes Unis, reste prudent sur la crise mondiale du Covid. Ses effets « se feront encore ressentir pendant des années », écrit le directeur général du fonds, Hamed ben Zayed Al Nahyane dans le rapport annuel du fonds souverain qui vient d’être publié. L’enjeu pour l’investisseur étatique est d’identifier les changements structurels (habitudes de consommation, investissements…) provoqués par la crise sanitaire, puis de les intégrer dans son portefeuille et sa politique de gestion.

Le rebond des marchés boursiers a permis au fonds de voir progresser son rendement moyen de long terme (sur 30 ans) de 6,6 % à 7,2 % entre 2019 et 2020. Le fonds ne divulgue pas sa performance annuelle. Le rendement de son portefeuille pour 2020 est toutefois estimé à 20,9 % par l’institut indépendant Global SWF. Ses capitaux sont évalués à 650 milliards de dollars par le Sovereign Wealth Fund Institute. Il figure au 4e rang mondial des fonds d’investissement étatiques derrière la Norvège, la Chine et le Koweït.

Mais de nombreux risques menacent un scénario de hausse prolongée des cours des actions, et en particulier « une reprise économique mondiale plus faible qu’anticipée », signale le directeur général du fonds. Une nouvelle vague du Covid et une reprise des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine sont les deux principaux dangers identifiés par Adia.

Investir plus dans le non coté

Dans les années à venir, le fonds souverain veut davantage investir dans les entreprises non cotées et sur les infrastructures. En 2020, il a effectué 24 investissements dans le capital investissement contre 18 en 2019. Le fonds va privilégier des secteurs comme la santé, les sciences de la vie et les fintech.

Certaines infrastructures (aéroports, ports…) ont particulièrement souffert au plus fort de la crise du Covid du fait de l’arrêt brutal de la croissance mondiale et des échanges commerciaux et de passagers. Le fonds maintient tout de même sa confiance en ces actifs qui génèrent des revenus indexés sur l’inflation et qui sont, hors crise, à la fois réguliers et significatifs. Il veut mettre l’accent à l’avenir sur les énergies renouvelables, et n’exclut pas des investissements importants.

L’Amérique, l’Inde et la Chine

Le fonds d’Abou Dabi veut moins investir en Asie, où il compte faire tomber la part de ses capitaux entre 5 % et 15 % contre 10 % à 20 % précédemment, tout en maintenant sa confiance à quelques grands pays comme la Chine et l’Inde . L’Amérique du Nord reste sa principale zone d’investissement (actions, obligations, immobilier…), avec entre 35 % et 50 % de ses actifs. Il se donne la flexibilité d’investir jusqu’aux deux tiers de ses capitaux sur les actions (américaines, européennes, émergentes…).

Une gestion à 50/50

La crise du Covid a été l’occasion de reprendre en main une partie de sa gestion. Il gère désormais la moitié de son argent, contre 40 % il y a 5 ans et 20 % lors de la crise de 2008. Les sociétés de gestion externes continuent néanmoins de gérer pour son compte des classes d’actifs très spécialisées sur lesquelles il n’a pas les compétences en interne. Il investit entre 5 % et 10 % de ses capitaux sur les hedge funds et notamment sur les fonds quantitatifs et les fonds alternatifs spécialisés sur les actions. Le fonds cherche des stratégies de diversification. Il veut aussi trouver de nouvelles sources de rendement que n’offrent pas les actions et les obligations.



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