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Finance

Le régulateur britannique contraint les assurances à soigner leurs clients loyaux



Publié le 24 sept. 2020 à 10:51

La pratique est monnaie courante outre-Manche. Elle porte même un nom : le « price walking ». Les nouveaux clients d’un assureur se voient proposer des primes ridiculement basses pour les inciter à souscrire une police d’assurance automobile ou habitation. Puis leur assureur l’augmente d’année en année, parfois de 20% même sans hausse de sinistralité… sauf si les clients appellent pour protester.

Cette manière de procéder a évidemment un intérêt commercial : elle permet aux assureurs de financer le coût d’acquisition de leurs nouveaux clients grâce aux revenus tirés de leurs clients les plus fidèles. Mais elle revient à pénaliser la loyauté de ces derniers, au lieu de la récompenser – on parle en anglais de « loyalty penalty ». Un problème qui s’étend à d’autres secteurs, comme par exemple les télécoms, où le régulateur du secteur, a récemment sévi.

Gain de 3,7 milliards de livres pour les assurés

Les assureurs britanniques ne pourront bientôt plus compter sur une telle manne. Le régulateur du secteur financier, la Financial Conduct Authority (FCA) a prévenu mardi que les assureurs auto et habitation seront bientôt tenus d’appliquer les mêmes conditions tarifaires aux clients qui renouvellent leur police et à ceux qui en souscrivent une nouvelle, pour un canal donné (par exemple, pour toutes les polices achetées sur Internet). Ils ne pourront donc plus augmenter leurs prix sans raison d’année en année : seul un changement dans la structure de risque du client pourra justifier un relèvement de prix en conséquence.

Selon la FCA, 20% des clients dans l’assurance habitation paient 50% de plus que le prix du marché ! Au total, 6 millions d’assurés britanniques supportaient des marges élevées voire très élevées en 2018. Des clients qui, s’ils payaient des primes à hauteur de leurs risques, économiseraient 1,2 milliard de livres. Les nouvelles règles devraient ainsi éviter aux consommateurs de débourser inutilement 3,7 milliards de livres sur 10 ans.

Pas d’interdiction des renouvellements automatiques

La FCA a d’autant plus les assureurs dans son collimateur qu’elle les accuse de « cibler leurs hausses de prix sur les clients qui ont le moins de chances de les quitter » et « d’utiliser des pratiques rendant tout départ plus difficile ». Le régulateur a néanmoins renoncé à interdire le renouvellement automatique des polices d’assurances à leur date anniversaire, comme il l’avait un temps envisagé l’an dernier.

Selon S&P Global, il s’agit d’une « réforme significative » pour le secteur. « Certains assureurs habitation et automobile pourraient voir leurs marges s’éroder à court terme », prévoit l’agence de notation financière, qui s’attend toutefois à ce qu’ils adaptent leurs prix. « Le plus probable est qu’ils répondent en augmentant l’ensemble de leurs primes », jugeait-elle déjà en février. En attendant, les cours de Bourse de Direct Line, Admiral, Sabre ou encore Aviva ont tous baissé à l’annonce des nouvelles règles, mardi.



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