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Finance

Le superviseur helvétique resserre à nouveau son contrôle sur Credit Suisse



Publié le 20 oct. 2021 à 18:14Mis à jour le 20 oct. 2021 à 18:39

António Horta-Osório, le nouveau président du conseil de Credit Suisse, continue de solder le passé de la banque en prise avec une série de scandales. Mardi soir, le groupe a annoncé une série d’accords avec les autorités américaines et britanniques, pour un montant total de 475 millions de dollars, pour mettre fin aux poursuites liées aux crédits accordés à des entreprises d’Etat du Mozambique au coeur d’une vaste affaire de corruption .

Concrètement, le groupe, qui a plaidé coupable auprès des autorités américaines, va verser 275 millions de dollars au ministère de la Justice (DOJ) et à l’autorité des marchés financiers (SEC), ainsi que 200 millions de dollars au superviseur britannique (FCA). Il s’est aussi engagé à effacer 200 millions de dollars de dette de l’Etat du Mozambique, qui a par ailleurs intenté une action en justice contre la banque auprès d’un tribunal londonien.

L’affaire remonte à 2013. Les filiales britanniques de Credit Suisse structurent alors deux crédits garantis par l’Etat du Mozambique, pour un total d’un milliard de dollars, à deux sociétés étatiques. Ces crédits, qui représentaient presque 6 % du PIB du Mozambique, étaient initialement destinés à financer surtout l’achat de navires patrouilleurs côtiers ainsi qu’une flotte pour la pêche au thon, relève le superviseur suisse Finma dans un communiqué publié le même jour.

Crise financière du Mozambique

Les crédits sont ensuite convertis en obligations, les fameux « tuna bonds » , placés auprès d’investisseurs. Finalement, l’argent atterrira en partie dans les poches de banquiers ou de proches du pouvoir de l’Etat africain. L’affaire n’éclate qu’en 2016, lorsque le gouvernement mozambicain révèle avoir contracté ces prêts sans prévenir le Parlement ni ses bailleurs de fonds. Le scandale dit de la « dette cachée » plonge alors le pays dans une grave crise financière.

Pour la Finma, qui a annoncé mardi soir également la clôture de sa propre enquête contre Credit Suisse à ce sujet, la gestion des risques du groupe « présentait de graves lacunes ». Par exemple, ses filiales britanniques ont décidé seules de l’octroi initial des crédits, sans que la maison mère n’intervienne. Pour l’autorité suisse de surveillance des marchés financière, le chapitre n’est pas clos pour autant.

Elle impose plusieurs décisions à Credit Suisse. D’abord, toutes les affaires de crédit présentant des risques accrus pour l’ensemble du groupe devront être remontées au niveau du groupe. « La Finam impose en outre des conditions, limitées dans le temps, aux nouvelles opérations de crédit avec des pays financièrement faibles ou présentant un fort risque de corruption », écrit-elle.

Nouveau plan stratégique

Le superviseur suisse avait également ouvert des enquêtes contre Credit Suisse dans le cadre du scandale Archegos, du nom du hedge fund américain dont la déconfiture lui a coûté 5,5 milliards de dollars , de l’affaire Greensill, du nom de la fintech britannique tombée en faillite et qu’il avait financé à hauteur de 10 milliards de dollars à travers sa division de gestion d’actifs, ou de la rocambolesque affaire des filatures , qui avait pour partie provoqué le départ du directeur général du groupe Tidjane Thiam.

Cette série de scandales, qui ont passablement terni l’image de Credit Suisse et de la place financière helvétique, ont déjà conduit le groupe à revoir l’ensemble de sa gestion des risques. Depuis qu’il a pris la présidence du conseil, António Horta-Osório, qui s’est bâti une solide réputation notamment en redressant la banque britannique Lloyds, a fait de la gestion des risques sa priorité.

« Chaque banquier devrait fondamentalement être un gestionnaire de risques », a-t-il annoncé d’emblée lors de l’assemblée générale qui l’a adoubé fin avril. Depuis, un certain nombre de dirigeants ont dû quitter leur poste. La banque risque toutefois de rester sous le feu des projecteurs. Selon une porte-parole, elle doit publier d’ici à la fin de l’année un rapport sur sa gestion de l’affaire Greensill ainsi que les conclusions de sa revue stratégique.



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