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Finance

Le taux à 10 ans français est à nouveau positif



Publié le 7 sept. 2021 à 18:24Mis à jour le 7 sept. 2021 à 18:58

La France va à nouveau devoir payer pour se financer à 10 ans. Mardi, le rendement des obligations d’Etat françaises de cette maturité a progressé de plus 5 points de base pour repasser à la hausse la barre des 0 %, à 0,022 %. Une première depuis le 16 juillet dernier .

Depuis quelques jours déjà, le taux de référence français flirtait avec ce seuil symbolique. Le coup d’accélérateur a été donné par un mouvement global de vente de dettes d’Etat par les investisseurs. Le taux des Treasuries américains à 10 ans a lui aussi atteint ses sommets de juillet, touchant 1,38 %. Et celui des gilts britanniques est au plus haut depuis juin.

Nervosité

Ce mouvement de nervosité sur le marché obligataire s’explique par une conjonction de plusieurs facteurs. A commencer par les craintes d’une baisse du soutien des banques centrales face à une reprise économique qui se précise et une inflation qui ne semble pas ralentir. La Banque d’Australie a annoncé qu’elle allait arrêter ses interventions sur le marché. Selon les traders, son homologue néo-zélandaise, qui a déjà mis fin à son programme d’achats d’actifs en juin, s’apprêterait à relever ses taux lors de sa prochaine réunion.

De son côté, la Réserve fédérale américaine a confirmé fin août, à Jackson Hole , un tapering (la fin progressive de ses achats) cette année. Même si les chiffres décevants de l’emploi pourraient retarder un peu le déclenchement de son retrait, elle ne devrait pas revenir sur sa décision.

Réunion de la BCE

C’est dans ce contexte agité que se tiendra, jeudi, la réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne. Cette dernière devrait maintenir ou réduire très légèrement le rythme de son programme « urgence pandémie » (PEPP), mais les marchés guetteront tout indice sur la fin de ce programme prévue en mars prochain.

Surtout que les oppositions entre partisans d’un soutien encore fort à l’économie et défenseurs d’un retour rapide à la normale sont de plus en plus apparentes. L’évocation éventuelle d’un tapering par la BCE pourrait même remettre la pression sur la Fed en termes de calendrier.

Ces perspectives de fermeture du robinet de liquidité par les banques centrales interviennent alors que la semaine est particulièrement chargée en termes d’émission de dette d’Etat. Le Trésor américain doit lever plus de 120 milliards d’euros de dette dans les prochains jours. 

En Europe, l’Allemagne et l’Autriche ont elles aussi sollicité les marchés. L’Espagne a émis son premier green bond souverain, pour un montant de 5 milliards d’euros, ce mardi. Contrairement à une tendance récente, qui voyait le taux à l’émission d’une obligation d’Etat verte être légèrement inférieur à celui d’une obligation classique, Madrid a dû offrir une prime aux investisseurs. Un signe de plus de la nervosité des gérants obligataires.



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