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Finance

Le vieillissement démographique devrait tirer les taux d’intérêt vers le bas jusqu’en 2050



Publié le 7 sept. 2021 à 6:34

La diminution annoncée des interventions des banques centrales sur les marchés doit-elle faire craindre une remontée massive et rapide des taux d’intérêt à long terme ? Pas forcément, à en lire une étude publiée récemment par Oxford Economics.

Le fonctionnement des marchés obligataires et l’omniprésence des banques centrales ces dernières années aurait presque tendance à le faire oublier, mais les taux d’intérêt à long terme ne dépendent pas uniquement des politiques d’achats de titres (notamment souverains) des instituts monétaires. Des facteurs structurels les tirent vers le bas depuis les années 1980… Bien avant que la Fed ou la BCE ne découvrent les vertus du « quantitative easing » (assouplissement quantitatif).

L’un de ces facteurs est bien identifié. Il s’agit de l’excès d’épargne disponible. Les taux longs correspondent en effet à un prix d’équilibre entre l’offre d’épargne et la demande d’investissement. En 2016 déjà, Mario Draghi soulignait que les taux bas étaient « le symptôme d’une demande d’investissement insuffisante à travers le monde pour absorber toute l’épargne disponible. »

A populations plus âgées, plus de richesse nette

Contrairement à ce qu’enseignent les manuels d’économie, le vieillissement démographique accentuerait ce phénomène, souligne Daniel Harenberg d’Oxford Economics. Il est vrai que des sociétés vieillissantes ont généralement des taux d’épargne moins élevés. « Mais ce n’est pas ce qui joue le plus. Ce qui importe, c’est que les populations plus âgées ont tendance à avoir plus de richesse nette, car les individus ne désépargnent que lentement à un âge avancé », avance-t-il.

Gertjan Vlieghe, l’un des membres du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre, a déjà exposé ce raisonnement à propos du Royaume-Uni. Même si le taux d’épargne diminue, il reste positif ; le vieillissement de la population entraîne donc une augmentation de la richesse globale.

S’y ajoute un deuxième effet du vieillissement de la population : il affecte la croissance du PIB. Or une croissance poussive n’incite pas les entreprises à engager d’importants investissements. Elles n’ont pas assez confiance en l’avenir. Quant aux Etats, face à une croissance faible, ils optent plus volontiers pour l’austérité budgétaire… quitte à sacrifier des investissements à même de favoriser la croissance future. La demande de fonds liée à l’investissement est réduite.

Taux d’intérêt neutre

Compte tenu de l’évolution démographique, le taux d’intérêt réel dit « neutre » promet de rester extrêmement bas, affirment également les économistes d’Oxford Economics. Ce taux théorique guide les banquiers centraux : il correspond au taux directeur qui serait sans effet sur une économie tournant à son potentiel et dont l’inflation aurait atteint la cible visée par l’institut monétaire.

Le taux neutre de la zone euro qui tournait autour de 4 %, 5 % ou 6 % (en fonction des modèles économiques) dans les années 1980, serait ainsi tombé à – 2 % juste avant le début de la pandémie de Covid-19, sous l’effet du vieillissement démographique. L’accroissement de la longévité incite à épargner davantage pour sa retraite et le taux de natalité plus faible pèse directement sur la demande globale.

En outre, si la hausse de l’endettement des Etats rime avec des rendements obligataires plus élevés, cet effet a été presque entièrement compensé par le ralentissement de la productivité. « D’ici à 2050, nous ne nous attendons pas à une hausse de la productivité, ni de la natalité en zone euro. La longévité, elle, continuera à augmenter. Le taux neutre réel a donc peu de chances d’augmenter fortement au cours des prochaines décennies », concluent les économistes.



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