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Finance

LeasePlan : 5 questions sur la plus grosse acquisition de l’histoire de Société Générale



Publié le 7 janv. 2022 à 6:30Mis à jour le 7 janv. 2022 à 7:18

Société Générale a officialisé ce jeudi le rachat du néerlandais LeasePlan pour 4,9 milliards d’euros , réalisant ainsi la plus grosse acquisition de son histoire. En le mariant avec sa filiale spécialisée ALD, elle crée un champion mondial incontesté du leasing automobile. Retour en cinq questions sur une opération majeure dans la finance française.

· Qu’est-ce que LeasePlan ?

Ce groupe d’origine néerlandaise, basé à Amsterdam, est le leader européen de la gestion de flotte automobile, avec un parc de 1,8 million de véhicules, juste devant son futur acquéreur ALD (1,7 million). Créé en 1963, il emploie à ce jour 8.200 personnes et opère dans une trentaine de pays, essentiellement auprès des grandes entreprises, pour un chiffre d’affaires d’environ 10 milliards d’euros. Aux Pays-Bas, l’entreprise possède une licence bancaire qui lui permet de collecter des dépôts.

La firme est contrôlée par un consortium de fonds emmené par le britannique TDR Capital, qui l’avait rachetée à Volkswagen en 2015 pour 3,7 milliards d’euros, avec le soutien du fonds souverain d’Abu Dhabi et du singapourien GIC. Après une tentative d’introduction en Bourse en 2018, finalement avortée compte tenu de conditions de marché défavorables, les actionnaires ont commencé à chercher un acquéreur.

· Quelle sera la taille de la nouvelle entreprise ?

Le « New ALD », issu du rapprochement entre la filiale de Société Générale et LeasePlan , sera propriétaire d’un parc de 3,5 millions de véhicules (1,7 million pour ALD et 1,8 million pour LeasePlan). De quoi confirmer son statut de premier acteur mondial du leasing, en dehors des constructeurs automobiles – Volkswagen et Renault RCI gèrent respectivement des flottes de 11,3 millions et 3,8 millions de véhicules.

La nouvelle entreprise emploiera 14.500 salariés dans une quarantaine de pays, sous réserve de coupes dans les effectifs, qui ne seraient pas à exclure. En termes de résultats, elle affiche un bénéfice net pro forma de 1,5 milliard d’euros. « Il n’y aura pas beaucoup de chevauchements en termes de clients », assure Tim Albertsen, le patron d’ALD.

La taille du bilan s’élèvera à 43 milliards d’euros. En Bourse, le « New ALD » pourrait être valorisé environ 10 milliards d’euros, selon les estimations des dirigeants, soit près du tiers de la capitalisation boursière actuelle de Société Générale.

· Qui sera aux commandes ?

Propriétaire de 80 % du capital de l’actuel ALD, Société Générale sera à l’issue de l’acquisition de LeasePlan, réalisée en titres et en numéraire, actionnaire majoritaire du « New ALD », avec 53 % des actions. Les fonds actionnaires de LeasePlan resteront également au capital du nouveau groupe, avec une participation de 30,75 %. Ils se sont engagés à conserver leurs titres pendant au moins 12 mois après la clôture de l’opération puis, sur les 24 mois suivants, à les céder, s’ils le souhaitent, « de manière progressive et organisée ».

La nouvelle entreprise aura son siège social basé en France. C’est l’actuel directeur général d’ALD, le danois Tim Albertsen, qui en prendra la tête. Le patron de LeasePlan, le néerlandais Tex Gunning, quittera le groupe une fois l’intégration réalisée. Le conseil d’administration sera présidé par Diony Lebot, directrice générale déléguée de Société Générale et actuelle présidente d’ALD.

· Quelles sont les synergies ?

Les dirigeants de Société Générale misent sur un montant total de synergies de coûts de 380 millions d’euros d’ici à 2025, lorsque l’intégration du nouvel ensemble sera finalisée. L’essentiel se fera grâce aux économies réalisées sur les achats de véhicules. « Nous deviendrons le partenaire stratégique de nombreux constructeurs automobiles », espère Tim Albertsen.

Une partie des synergies proviendra également des économies réalisées sur les achats informatiques. Et la future direction du groupe prévoit de recourir à des plans de départs volontaires dans les deux entreprises, même « s’il est trop tôt pour faire des estimations à ce stade ». Des coûts de restructuration d’un montant de 500 millions d’euros devraient être engagés en 2023 et 2024.

· Quelles sont les perspectives de croissance ?

Persuadé que les usages dans l’automobile vont continuer à évoluer, le nouvel ensemble mise sur une croissance de la flotte de véhicules de 6 % par an, une fois l’intégration réalisée. Il compte accompagner la tendance à la location, y compris chez les particuliers, ou encore la transformation digitale du marché, notamment à travers les plateformes de revente de véhicules d’occasion. Ensemble, ALD et LeasePlan affichent une capacité d’investissement de 400 millions d’euros par an.

Le « New ALD » poursuivra la transformation du parc entamée par chacune des deux sociétés fusionnées, avec une part croissante de modèles électrifiés (électriques et hybrides rechargeables). En 2021, ceux-ci représentaient 27 % des livraisons aux clients chez ALD. Et le mouvement devrait encore s’accélérer compte tenu de la demande dans les entreprises. « Cette opération, majeure sur le plan stratégique pour Société Générale, ouvre une nouvelle page de croissance pour les quinze prochaines années », veut croire le patron de la banque, Frédéric Oudéa.



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