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Finance

Les banques attendues sur leurs perspectives 2021



Publié le 2 févr. 2021 à 6:19

Drôle de période pour les banques européennes : elles commencent tout juste à dévoiler leurs résultats 2020, mais font face à une incertitude persistante pour l’année qui s’ouvre.

« Je m’attends à y voir clair à partir de septembre prochain, avec – si tout va bien d’ici là – le début d’un rebond d’activité », avance prudemment un banquier français, dont l’établissement a jusqu’à présent limité la casse.

Coup sur coup, trois grands noms du secteur vont sortir du bois cette semaine, à savoir Santander, Deutsche Bank puis BNP Paribas. Puis viendront les autres banques françaises, dont Crédit Agricole, Société Générale et BPCE.

Les premiers résultats publiés la semaine dernière par le suisse UBS et l’espagnol BBVA ont, de fait, été de bonne facture, avec des chiffres supérieurs aux attentes dans les deux cas. Les deux banques en ont profité pour annoncer le retour à une meilleure rémunération des actionnaires, après les restrictions de l’année passée.

Compte tenu de la crise sanitaire, les banques limitant la casse s’en tireront déjà bien. « On ne s’attend pas à de grosses surprises », confie Jérôme Legras, directeur de recherche chez Axiom AI, pour qui le quatrième trimestre devrait ressembler au troisième en termes d’activité pour les banques.

Même si ces performances seront pour partie dues aux dispositifs publics massifs de soutien aux économies mis en place tout au long de l’année 2020.

Dans le même registre, de bons résultats sont attendus dans les activités de marchés. « La volatilité était importante, les liquidités abondantes et les opérations de financement nombreuses. Tous les voyants étaient au vert en fin d’année », rappelle Jérôme Legras. En témoignent les très bons chiffres des banques américaines dans ce domaine, mais aussi ceux d’UBS.

Cela ne suffira toutefois pas à rassurer, tant le brouillard reste épais pour 2021. Faire des projections est difficile alors que la crise s’éternise et que les restrictions d’activité se généralisent à nouveau un peu partout en Europe.

Vigilance sur les provisions

Au total, plus que les revenus ou le chiffre d’affaires, c’est bien le coût du risque – la gestion d’impayés potentiels ou avérés – qui devrait aimanter les regards. Ces provisions devraient rester importantes en cette fin d’année, compte tenu de l’incertitude économique, mais pas assez pour plomber les résultats comme au premier semestre 2020.

« Les provisions devraient rester similaires à celles enregistrées au troisième trimestre, anticipent les analystes de Credit Suisse. Le niveau de réserves accumulé est confortable pour les banques ». Le montant des provisions sera toutefois à lire avec prudence, les superviseurs bancaires se montrant eux-mêmes très vigilants sur l’évolution des impayés.

La Banque centrale européenne (BCE) a estimé, jeudi dernier, que le secteur bancaire restait exposé à des pertes importantes sur les portefeuilles de crédit, qui, dans un scénario noir, pourraient toutes se matérialiser en même temps. D’où une pression sur les banques pour qu’elles « écopent » les créances douteuses sans attendre.

En attendant les dividendes

Autre signe qui sera surveillé de près : les annonces du secteur en matière de distribution de résultats. La BCE a desserré l’étau en décembre dernier, recommandant – de façon limitée – le retour des dividendes en 2021. Certaines banques rouvriront le robinet… d’autres ne le pourront pas. Selon ses projections, autour de 10 milliards d’euros seront ainsi versés ces prochains mois , alors que le gel de 2020 avait permis de conserver 30 milliards dans les bilans des banques.

Enfin, certains établissements iront-ils jusqu’à annoncer des plans d’économies ? Des mesures ont déjà été prises au fil de l’eau dans des établissements qui souffraient déjà avant la crise Covid, comme Société Générale, Natixis, ou plus récemment Commerzbank . « Pour le moment on n’a pas changé notre façon de voir l’avenir », temporise un banquier français. « Mais si la situation se dégrade, il faudra bien faire des économies ».



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