Image default
Finance

Les banques européennes toujours aussi actives dans les paradis fiscaux



Publié le 6 sept. 2021 à 8:34

Les paradis fiscaux attirent toujours les banques du Vieux continent. Selon une étude de l’Observatoire européen de la fiscalité, un bureau de recherche indépendant, celles-ci y ont maintenu leur présence ces dernières années, malgré plusieurs scandales sur les pratiques douteuses de multinationales.

Les principales banques européennes enregistrent chaque année 14 % de leurs bénéfices totaux, soit 20 milliards d’euros, dans des territoires à la fiscalité particulièrement favorable. Un pourcentage stable depuis 2014.

« Malgré l’importance croissante de ces questions dans le débat public et dans le monde politique, les banques européennes n’ont pas réduit de manière significative leur recours aux paradis fiscaux », affirme l’Observatoire, qui est financé par la Commission européenne et dirigé par l’économiste français Gabriel Zucman.

238.000 euros par employé

L’organisme a passé en revue les données publiées par 36 établissements financiers sur la période 2014-2020. Il identifie dix-sept Etats et territoires comme des destinations privilégiées dans le monde, parmi lesquels les Bahamas, les Îles vierges britanniques, les Îles Caïmans, Jersey et Guernesey, Gibraltar, Hong Kong, Macao, Panama ou encore Malte et le Luxembourg.

« Les bénéfices comptabilisés dans les paradis fiscaux sont anormalement élevés : 238.000 euros par employé, contre 65.000 euros dans les autres pays. Cela suggère que les profits enregistrés dans les paradis fiscaux sont essentiellement déplacés depuis d’autres pays où a lieu la production de services », estiment les experts de l’Observatoire.

HSBC en tête, Société Générale première française

Parmi les grandes banques, ils identifient la sino-britannique HSBC comme la championne de ces pratiques. Plus de 62 % de ses bénéfices avant impôt ont été comptabilisés dans des paradis fiscaux entre 2018 et 2020, bien loin devant l’italienne Monte dei Paschi (BMPS), qui en totalise 49,8 %. Standard Chartered (29,8 %) complète le podium. Les allemandes Deutsche Bank et NordLB arrivent en 4e et 5e positions.

Du côté des groupes français, Société Générale est le plus exposé, avec 13,8 % de ses profits dans les paradis fiscaux, devant Crédit Agricole (11,5 %) et BNP Paribas (6,9 %). Mais les trois ont réduit leur activité dans ces pays par rapport à la période 2014-2016, note selon le bureau d’études.

Négociations en cours à l’OCDE

Les scandales LuxLeaks, en 2014, puis Panama papers ont placé le sujet de l’évasion fiscale sur le devant de la scène et provoqué un durcissement des obligations de transparence financière. Des négociations sont en cours à l’OCDE pour une imposition minimum des profits des multinationales afin de lutter contre les paradis fiscaux.

L’Observatoire estime qu’un taux minimum de 15 % sur les banques permettrait de générer 3 à 5 milliards d’euros de recettes supplémentaires pour les pays européens. Des chiffres qui atteindraient 10 à 13 milliards avec un taux de 25 %.

Source AFP



Source link

Autres articles

Société Générale sur le point d’annoncer 650 nouvelles suppressions de postes

administrateur

Imbroglio à Wall Street autour de la cotation des entreprises chinoises

administrateur

Catastrophes naturelles : les sécheresses ont alourdi la facture en 2020

administrateur

Le gendarme boursier tire les leçons d’une année 2020 hors norme

administrateur

Mouvements en série dans les états-majors de l’assurance française

administrateur

Les unités de compte représentent pour la première fois le quart de l’assurance-vie

administrateur