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Finance

Les Bourses mondiales perturbées par les chiffres de l’emploi américain



Sur les marchés financiers, la volatilité a fait son retour par la grande porte ce vendredi. Tandis que l’Europe terminait à nouveau la journée dans le rouge , Wall Street, qui avait sombré la veille, semblait parti pour retrouver l’équilibre. Le CAC 40 a terminé la séance en baisse de 1,73 %, à 6.258 points, tandis que le DAX à Francfort abandonnait 1,64 % et l’EuroStoxx 50 1,82 %. Après une semaine en dents de scie, les investisseurs se sont crispés à la lecture des chiffres d’avril de l’emploi américain, publiés en début d’après-midi.

A New York, la Bourse a commencé par poursuivre sa dégringolade entamée la veille avant de retrouver son calme au moment de la clôture européenne. Vers 18 heures, le S&P 500 n’abandonnait plus que -0,43 %, le Dow Jones -0,49 % et le Nasdaq -0,60 %. Le VIX, aussi surnommé « l’indice de la peur », a culminé à plus de 35 points dans l’après-midi – une hausse de 10 points en à peine 24 heures – avant de redescendre un peu.

Pressions inflationnistes

Les investisseurs se sont clairement montrés nerveux après la publication des chiffres de l’emploi américain d’avril, en début d’après-midi. Ceux-ci montrent un marché du travail toujours très tendu et des salaires proches de niveaux très élevés. « Ces chiffres sont une bonne nouvelle pour l’activité, mais indiquent aussi que, pour le moment, la Réserve fédérale américaine n’a aucune raison d’adopter un ton plus conciliant », résume Christian Parisot chez Aurel BGC. Car un marché du travail tendu et des salaires élevés sont de nature à amplifier les pressions inflationnistes.

Le président de la Fed, Jerome Powell, avait déclaré mercredi qu’il s’inquiétait de voir les salaires augmenter à un rythme insoutenable. La Fed devra probablement resserrer encore plus sa politique monétaire en raison des perturbations des chaînes d’approvisionnement dues à la guerre en Ukraine et des blocages en Chine, a ajouté le président de la Réserve fédérale de Minneapolis. Mercredi, la Fed avait exclu, pour le moment, une hausse de 75 points de base et s’était contentée d’une hausse – déjà agressive – de 50 points de base. Or si la spirale inflationniste s’emballe, la Fed n’aura d’autre choix que de remonter très fortement ses taux, au risque de casser la croissance. Le rendement des bons du Trésor à 10 ans a augmenté de 4 points de base à 3,08 %.

« Les vraies questions qui agitent les marchés et auxquelles personne n’a de réponses définitives sont jusqu’où la Fed devra remonter ses taux en 2023 pour reprendre le contrôle de l’inflation et est-ce que cela nécessitera une récession », expliquait en début de journée Xavier Chapard, chez LBPAM.

La Fed veut croire qu’elle réussira à négocier un atterrissage en douceur de l’inflation sans casser la croissance. Mais pour faire baisser l’inflation rapidement, le risque est que la Fed doive ralentir l’économie jusqu’à une récession. « Janet Yellen, la précédente présidente de la Fed et l’actuelle secrétaire au Trésor américain, estime qu’un scénario d’atterrissage en douceur est possible mais demandera à la Fed d’être ‘habile et aussi chanceuse’. Ce n’est pas très rassurant », conclut-il.

La tech pénalisée

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, avait plongé jeudi de 4,99 %, frappé de plein fouet par les doutes croissants des investisseurs sur la croissance américaine, qui pénalisent particulièrement les valeurs tech. 

Selon Bank of America, la chute des marchés mondiaux qui a vu le S&P 500 afficher ses pires quatre premiers mois de l’année depuis 1939 n’est pas terminée. « Le scénario de base reste celui d’une baisse des actions et d’une hausse des rendements dont le paroxysme n’a pas encore été atteint », ont expliqué ses analystes à Bloomberg.



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