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Finance

Les conditions de crédit se sont durcies depuis le début de l’année en Europe

Publié le 29 avr. 2020 à 6h40

Un voyant rouge vient de s’allumer pour les directeurs financiers de grandes entreprises et les dirigeants de PME. Si le robinet du crédit coule encore généreusement en Europe, le débit pourrait ralentir, car les banques deviennent progressivement plus sévères dans l’examen des dossiers.

C’est ce qui ressort d’un sondage mené tous les trois mois par la Banque centrale européenne (BCE) auprès de 144 grandes banques. Ce durcissement tant sur les marges que sur les garanties exigées, touche l’ensemble des crédits.

« Les critères d’octroi – c’est-à-dire les directives internes des banques ou leurs critères d’approbation des prêts – ont été durcis pour les prêts aux entreprises, les prêts au logement consentis aux ménages et les crédits à la consommation et autres prêts aux ménages au premier trimestre 2020 », relève l’institution dans un communiqué.

« Incertitude élevée »

Pour ce qui est des entreprises, ce durcissement reste limité à l’échelle de la zone euro (pourcentage net de 4 % estimant que les conditions se sont durcies). « Cela est lié à  ainsi qu’à la plus grande résilience des banques de la zone euro [que par le passé, NDLR] », note la BCE.

Paradoxalement – compte tenu de la crise – une majorité de banques estime que les conditions pourraient au contraire s’assouplir pour les entreprises au deuxième trimestre « probablement en raison des mesures de soutien introduites par les autorités », estime la BCE. Mais la dispersion des réponses obtenues « souligne l’incertitude élevée qui entoure l’incidence probable de la pandémie de coronavirus sur […] les conditions des prêts bancaires », avertit-elle.

Demande en hausse

« Ce n’est qu’un sondage », relativise en France, un excellent connaisseur du secteur bancaire qui préfère, lui, se référer aux prêts effectivement accordés.

De fait, la production de crédit du mois de mars, et plus encore, en avril, sera forcément marquée par la demande massive de Prêts garantis par l’Etat (PGE) . Mais il s’agit bien de prêts de trésorerie, et pas d’investissements.

Une fois passée la phase aiguë du confinement s’ouvrira une autre phase, qui pourrait être moins riante, on saura si les entreprises demandent à nouveau des moyens pour se développer, et pas seulement pour survivre. Et si les banques répondront présent. Sur ce point, l’enquête de la BCE donne des raisons d’espérer.

Les demandes de financements d’entreprises, déjà en hausse en début d’année, vont encore s’accroître au deuxième trimestre, estiment les banques interrogées. Cela pourrait déclencher « un cercle vertueux » pour les banques souligne Frederik Ducrozet, économiste chez Pictet, car une majorité d’entre elles pourra satisfaire cette demande en se refinançant à taux négatif, en profitant de la nouvelle campagne de prêts géants aux banques de la BCE (« TLTRO »). Une raison de plus pour la BCE, qui se réunit jeudi, de baisser le taux de ces «TLTRO», selon l’économiste. 

E. Le.



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