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Economie

les difficultés de circulation inquiètent les commerçants du Marais


Bien décidée à faire de ce quartier une «zone à trafic limité», la mairie de Paris multiplie les piétonnisations et suppressions de places de stationnement, au grand dam des commerçants.

Anne Hidalgo a annoncé vouloir faire du cœur de Paris une «zone apaisée». Un objectif pas encore complètement atteint, comme le prouvent les klaxons incessants et les longues files de voitures au croisement de la rue de Rivoli et de celle du Renard. Un trafic excessif en partie dû aux nombreux réaménagements de la voirie décidés par l’actuelle municipalité dans le quartier du Marais, où de nombreuses rues ont été piétonnisées.

Le quartier se situe en plein cœur de la «zone à trafic limité» (ZTL) que la municipalité veut mettre en place à partir du premier semestre 2022. Le but : «réduire drastiquement le trafic de transit pour faire la part belle aux piétons, aux vélos et aux transports en commun», twittait David Belliard, adjoint (EELV) chargé de la transformation de l’espace public, lors de la présentation du projet mi-mai 2021.

Un projet ambitieux qui ne semble pas avoir les faveurs de tous les commerçants concernés. La transformation de la rue de Rivoli en grande piste cyclable ? «Une autoroute à vélo moribond, vide», s’énerve Patrick Aboukrat, propriétaire du magasin de vêtements Aboudabibazar et président du comité Marais Paris. Depuis plusieurs mois, le collectif est vent debout contre la multiplication des «espaces pour la mobilité douce» et «zones apaisées».

À VOIR AUSSI – «L’autophobie » d’Anne Hidalgo asphyxie les commerçants parisiens»

Premier grief, ces aménagements font chuter la fréquentation : «en 2016 déjà la fermeture des quais de Seine nous a fait perdre toute la clientèle de l’ouest parisien», se souvient le commerçant, «maintenant c’est la rue de Rivoli et la suppression des places de stationnement». À la clé, une baisse des ventes de «30 à 40%», explique-t-il. Autre problème, le changement de public : «Le ticket est plus faible mais surtout il ne consomme plus la même chose. Résultat, notre offre n’est plus adaptée», souffle-t-il.

Un aménagement inadapté

Les grandes enseignes ne sont pas épargnées par ces difficultés. Interrogé la semaine dernière sur BFM Business, Alexandre Liot, directeur des Galeries Lafayette Paris Haussmann, a dit être «attentif, inquiet parfois». Le groupe possède dans le quartier le BHV (Bazar de l’Hôtel de Ville). Pour eux aussi la facilité d’accès est « extrêmement importante», a martelé Alexandre Liot. S’il ne remet pas en question la volonté de renouveler les habitudes de circulation des Franciliens, il se montre critique sur la méthode : «est-ce qu’il faut faire évoluer la mobilité dans Paris ? Oui. Est-ce qu’il faut le faire avec une vraie vision, une vraie cohérence, une vraie stratégie ? Oui aussi», grince-t-il. Contacté par Le Figaro, le groupe Galeries Lafayette n’a cependant pas souhaité s’étendre sur le sujet.

La méthode, c’est également ce qui interroge Paul, gérant du Troquet du Temple rue de la Verrerie en face du BHV : «l’aménagement a été fait n’importe comment. Ils ont installé des poubelles et un arceau pour gare les vélos à l’endroit où je mets ma terrasse», s’emporte-t-il.

Les panneaux sont souvent victimes des livreurs qui rasent les murs des magasins. Le Figaro

Autre problème d’aménagement : la suppression des trottoirs, avec pour principales victimes les panneaux et enseignes des magasins. En effet, sans ces marqueurs, les livreurs se mettent à raser les murs. L’intention est louable, celle de ne pas gêner la circulation. Malheureusement ces derniers ne font pas toujours attention aux écriteaux qui dépassent. Résultat : des devantures arrachées et des panneaux défoncés.

Dialogue difficile entre la Mairie et les commerçants

De façon générale «la circulation est devenue tellement compliquée qu’elle n’est plus respectée et ça devient beaucoup plus dangereux», ajoute Paul au moment ou un camion de livraison prend la rue en sens interdit pour aller se garer un peu plus loin. Même son de cloche chez Guillaume Dellesse. Ce fleuriste est installé dans une des dernières grandes artères du quartier encore entièrement dédiée à la circulation automobile. Déjà passante autrefois, elle récupère dorénavant l’intégralité du trafic environnant. «C’est super bruyant et dangereux et les automobilistes ne peuvent pas s’arrêter faire des courses car ils ne peuvent pas se garer», explique le jeune homme. Le trafic normalement congestionné peut rapidement se transformer en véritable embouteillage à la moindre complication (livraison, panne…)

Pour Patrick Aboukrat, arrivé dans le quartier en 1985, cela ne se serait jamais produit sous une ancienne majorité : «y a-t-il eu des manifestations de commerçants devant la mairie sous Jacques Chirac ou Bertrand Delanoë?», fait-il semblant de se demander, avant de répondre aussi sec : «on en a déjà fait deux depuis cet été». Il dit ne plus savoir quoi faire pour interpeller la municipalité. Il a pourtant exploré plusieurs pistes, dont une assez originale: en juillet il avait sorti un t-shirt estampillé #saccageparis; «Il est toujours en vente et connaît un vrai succès», s’amuse-t-il. Contactée par Le Figaro, la Mairie de Paris, n’a pour le moment pas donné suite à nos requêtes.

Les travaux à répétition étouffent les commerces du quartier. Le Figaro



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