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Finance

Les ennuis de Didi, le Uber chinois, continuent aux Etats-Unis



Publié le 9 juil. 2021 à 13:13

Nouveau revers pour Didi. Après s’être attiré les foudres des autorités dans son pays d’origine, le géant chinois des VTC suscite à présent la colère des politiciens américains, qui appellent à une intervention de la SEC, le gendarme des marchés financiers américain. Didi, qui s’était introduit à Wall Street le 30 juin dernier , avait vu quelques jours plus tard son application retirée des boutiques d’applications en Chine après une sanction du régulateur national. Le géant chinois du VTC est accusé d’avoir collecté et exploité illégalement les données personnelles de ses utilisateurs. Un certain doute plane sur la transparence dont Didi aurait fait preuve lors de sa cotation vis-à-vis de ces risques.

Le sénateur républicain du Tennessee, Bill Hagerty a déclaré au « Financial Times » que « l’administration Biden et la SEC […] devraient examiner si les investisseurs américains ont été trompés ». Il estime que « la SEC doit faire respecter ses règles de transparence et de divulgation, et [que] les investisseurs américains doivent être pleinement conscients des risques intrinsèquement différents que comporte l’investissement dans des sociétés issues d’économies de marché non contrôlées par le gouvernement, comme la Chine. »

Réaction de la Maison-Blanche

Le sénateur républicain de Floride, Marco Rubio s’était également insurgé contre l’introduction en Bourse de Didi, qu’il qualifie d’« imprudente et irresponsable ». De son côté, son homologue démocrate du Maryland, Chris Van Hollen, a déclaré que « la SEC devrait mener une enquête approfondie sur cet incident pour voir si les investisseurs ont été intentionnellement trompés par les divulgations publiques de Didi ».

Des réactions qui sont remontées jusqu’à la Maison-Blanche. Sa porte-parole, Jen Paski, a estimé « essentiel que toutes les entreprises cotées aux Etats-Unis adhèrent à des normes élevées de transparence et de divulgation », se refusant toutefois à citer nommément Didi ou à évoquer une action de la SEC.

Les mésaventures de Didi interviennent alors que Washington met la pression sur les sociétés chinoises cotées à New York. Le Congrès américain leur a notamment imposé de rendre accessibles aux régulateurs locaux leurs rapports d’audit, faute de quoi elles pourraient être radiées de la cote américaine.

Actions en justice

Alors que le titre de Didi s’est effondré de près de 28 % en Bourse depuis le début de la semaine, ses actionnaires américains lui demandent également des comptes. Ils ont intenté deux actions en justice devant les tribunaux fédéraux de New York et de Los Angeles. Ils estiment que Didi aurait dû divulguer les discussions en cours avec les autorités chinoises concernant ses problèmes en matière de cybersécurité.

Dans son prospectus d’introduction en Bourse, l’entreprise n’avait fait qu’évoquer des risques liés à la réglementation chinoise sans davantage de précisions. Il a été révélé depuis que les régulateurs chinois avaient demandé à Didi, il y a trois mois, de retarder son introduction en Bourse en raison de problèmes concernant la sécurité des données.

Ces plaintes semblent cependant avoir peu de chances d’aboutir car Didi dépend du droit des Iles Caïman.

Fondé en 2012, Didi est disponible dans 15 pays, dont la Chine, la Russie et l’Australie. L’entreprise revendique 15 millions de chauffeurs et 493 millions d’utilisateurs actifs par an. Elle domine le marché chinois des véhicules avec chauffeur depuis qu’elle a chassé son rival américain Uber en 2016.



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