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Economie

les entrepreneurs embarquent leurs salariés


FIGARO DEMAIN – Améliorer l’impact positif est plus facile si les collaborateurs s’impliquent. La fierté qu’ils retirent des progrès accomplis devient un vrai atout managérial.

À peine 8 % des salariés sont invités à tenir compte de la responsabilité sociétale de leur entreprise (RSE) dans l’exercice de leur métier. Et ils ne sont que 15 % à penser qu’elle l’a transformée en profondeur.

Ces chiffres, de l’Observatoire des salariés et entreprises responsables, mis en place par le cabinet de conseil Des Enjeux et des Hommes, témoignent d’un grand gâchis. Car pour les experts du management, une entreprise éthique et responsable suscite la fierté de ses collaborateurs, donne du sens à leur travail, et renforce leur engagement. D’ailleurs, 70 % des salariés sondés par l’Observatoire se disent prêts à s’investir davantage. Mais comment les embarquer dans ce changement qu’un nombre croissant de sociétés souhaitent conduire? Sans doute en commençant par ce qui est le plus concret, le plus palpable pour eux: la politique sociale.

«La RSE englobe ce volet social dont ils profitent au premier chef», pointe Élisabeth Laville, fondatrice du cabinet de conseil en RSE Utopies. Elle livre quelques pistes qui n’exigent ni colossal plan d’investissement ni longs délais de mise en œuvre: prévoir des congés pour les salariés aidants, des aides à la parentalité, des mesures en faveur de l’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle, la nomination de référents diversité ou handicap pour que ces questions soient mieux prises en compte à tous les niveaux de l’entreprise…

Solliciter les collaborateurs

L’art et la manière de faire comptent aussi. Au lieu de tout décider en haut lieu, une démarche participative apporte une première pierre à l’édifice. «Faire réfléchir les salariés sur les évolutions dubusiness modelintéressantes pour améliorer l’impact de l’entreprise permet de porter leur attention sur ces questions… et parfois de recueillir de bonnes idées », remarque Géraldine Fort, déléguée générale de l’Observatoire de la responsabilité sociétale des entreprises (Orse). Et, avec les outils numériques, il est plus facile aujourd’hui de solliciter les collaborateurs mais aussi les clients et les fournisseurs pour dégager des pistes d’amélioration.

Certaines entreprises nomment également des correspondants du développement durable dans chaque service. Volontaires, sans lien hiérarchique avec les autres salariés, formés aux questions de RSE de l’entreprise ainsi qu’aux sujets clés (climat, déchets…), ils relaient sur le terrain les messages de la direction. Ils expliquent, répondent aux objections éventuelles des salariés. Ils font aussi remonter suggestions, bonnes idées, difficultés…

«Les salariés très engagés personnellement sur le plan écologique n’ont pas forcément le meilleur profil pour faire avancer le sujet dans les équipes, observe Agnès Rambaud-Paquin, fondatrice des Enjeux et des Hommes. Mieux vaut solliciter la hiérarchie de proximité pour identifier les relais capables de susciter l’adhésion.»

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Journée de la Terre

Les managers ont aussi leur rôle à jouer. «Il faut que la RSE soit littéralement incarnée à tous les niveaux de l’entreprise», martèle Géraldine Fort. Pour cela, les cadres doivent être formés, mais d’autres leviers peuvent être actionnés: «Introduire la RSE dans les objectifs des managers, en faire un des thèmes abordés lors des entretiens annuels, l’inclure dans chaque programme de formation», suggère Agnès Rambaud-Paquin. Une formation aux achats évoquera par exemple la négociation mais aussi la responsabilité.

Un signal fort? «Conditionner une partie de la rémunération variable à l’atteinte d’objectifs RSE, pour tout le monde ; dans l’entreprise, y compris au plus haut niveau», indique Élisabeth Laville. Pour convaincre les collaborateurs que l’entreprise travaille vraiment à améliorer son impact, les dirigeants doivent à tout niveau être exemplaires. «Le sujet doit aussi revenir sans cesse dans leur communication: qu’ils évoquent la politique sociale, la stratégie commerciale ou une refonte de la production, ils doivent montrer comment la RSE y est intégrée, observe Élisabeth Laville. S’ils n’en parlent qu’une fois par an, pour la Journée de la Terre, cela ne fonctionne pas.»

Mais les collaborateurs sont surtout convaincus quand ils voient les changements se concrétiser dans le modèle économique, l’offre, les produits, l’organisation… La RSE s’invite dans leur vie quotidienne dans l’entreprise. Ils peuvent également être sensibles à l’image qu’elle se forge ainsi vis-à-vis de l’extérieur. «Qu’elle remporte un prix ou qu’elle soit distinguée dans un palmarès ou une étude pour ses bonnes pratiques sociales ou environnementales crédibilise la politique RSE aussi en interne», souligne Agnès Rambaud-Paquin.

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